ART | EXPO

Du phénomène de la bibliothèque

28 Oct - 23 Déc 2006

Un sol jonché de livres, comme un parcours littéraire et philosophique. Illuminées par des néons blancs, des citations s’extraient d’œuvres sur verre à l’effigie de bibliothèques. Une installation conceptuelle dont le titre fait référence à Michel Foucault.

Du phénomène de la bibliothèque de Joseph Kosuth

Pour l’installation qu’il expose à Paris, Joseph Kosuth se lance dans un travail tout à fait inédit, inscrit dans un environnement constitué exclusivement de textes, amorçant aussi un tout nouveau départ par rapport à ses activités récentes. On retrouve dans son installation des références à d’importantes œuvres de jeunesse telles que The Information Room (1969), que l’on a pu voir cette année à Art Unlimited à Bâle.

Dans l’œuvre qu’il présente aujourd’hui, il fait se répondre un flot de texte, des photographies de bibliothèques de philosophes majeurs du XXèhttp://www.paris-art.com/wp-admin/post.php?post=70104&action=editme siècle, et des citations de ces derniers, lesquelles fournissent à Kosuth les signifiants caractéristiques de ses préoccupations en tant qu’artiste.

Une des deux composantes de cette installation sont des œuvres sur verre illuminées par des néons blancs; l’autre est un sol de livres qui donne son contexte à l’installation murale. Joseph Kosuth, l’artiste qui, il y a plus de quarante ans, fut à l’origine de l’exploitation du texte comme un matériau prêt à l’emploi, nous offre comme clé permettant de comprendre son œuvre cette citation de Michel Foucault, tirée d’un texte écrit peu après que Kosuth eut donné la première impulsion au courant qu’on nommerait ensuite Art conceptuel: «Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire. La vraie image est connaissance. Ce sont des mots déjà dits, des recensions exactes, des masses d’informations minuscules, d’infimes parcelles de monuments et des reproductions de reproductions qui portent dans l’expérience moderne les pouvoirs de l’impossible. Il n’y a plus que la rumeur assidue de la répétition qui puisse nous transmettre ce qui n’a lieu qu’une fois. L’imaginaire ne se constitue pas contre le réel pour le nier ou le compenser ; il s’étend entre les signes, de livre à livre, dans l’interstice des redites et des commentaires ; il naît et se forme dans l’entre-deux des textes. C’est un phénomène de bibliothèque.»

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Emmanuel Posnic sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

Du phénomène de la bibliothèque