ART | EXPO

Dress/id. The language of the self/le langage du Moi

13 Jan - 10 Mar 2012
Vernissage le 13 Jan 2012

A travers la vidéo, la sculpture, l’installation, la performance et la photographie, Dress/id interroge la place de l’artiste et de l’art dans la société et sa capacité à produire un discours critique sur l’histoire. Ainsi, le travail de ces artistes soulève des questions sociales, sociétales, ethniques, historiques ou encore sexuelles.

Bettina Allamoda, Joseph Beuys, Ursula Döbereiner, Mella Jaarsma, Anila Rubiku, Sylvie Ungauer, Nil Yalter
Dress/id. The language of the self/le langage du Moi

Cette exposition collective regroupe un ensemble d’oeuvres autour de la notion de construction/déconstruction identitaire. Les artistes utilisent le vêtement comme une «seconde peau», qui appartient autant au dehors qu’au dedans, qui protège l’espace intime comme il ouvre sur l’espace social et relationnel.

Bettina Allamoda
Fashion History News, 2003
Cette vidéo combine des défilés «Radical Chic» et des photographies de mode avec des images de manifestations et de violences politiques d’une façon presque inaperçue. Bettina Allamoda révèle ainsi les interactions entre cultures quotidiennes, politiques, architectures et mode — à travers des échantillons d’images trouvées ou faisant parties des nouveaux médias actuels — en traitant les surfaces et les couvertures, en questionnant les stratégies vestimentaires (codes), la décoration, le nationalisme et le corps et en étudiant comment les tensions mondiales sont représentées architecturalement et visuellement.

Joseph Beuys
Costume en feutre, 1970
Pour Joseph Beuys, l’art est un outil de changement social et politique. Il y voit une dimension spirituelle et pense que les objets usuels pouvaient revêtir de puissantes substances curatives. Selon lui, l’artiste s’apparente au chaman, canalisant l’énergie contenue dans les objets pour leur donner de nouveaux pouvoirs et significations. Le costume de feutre, réalisé au point, évoque la chaleur corporelle humaine, symbolise la sécurité et le refuge de part la matière isolante et protectrice du feutre. Pour Beuys, le costume est une manière de protéger l’individu du monde qui l’entoure. Ce costume fait également référence aux costumes des prisonniers, notamment à ceux des camps de concentration nazis. Joseph Beuys fut associé au mouvement Fluxus dont le but était d’organiser des événements et des manifestations anarchiques.

Ursula Döbereiner
View002, 2011
Les images qui composent cette installation sont autant de collages numériques (réalisés à l’ordinateur) basés sur des images trouvées sur internet. Le point de départ du travail d’Ursula Döbereiner a consisté d’une part en une recherche d’images sur internet sous le mot-clé «burqa», en différentes langues et avec différentes orthographes, et associé à différents termes comme «caché», «abri», «camouflage»… D’autre part, l’artiste a également recherché sur le net des publicités pour un projecteur de la marque Kodak. Les images de burqa sont accolées à des textes, des écrits, des titres… découpés selon la forme de la burqa. Quant aux publicités Kodak, c’est le projecteur qui a été découpé dans l’image, devenant une silhouette qui pourrait se trouver dans une salle de projection. Pour découvrir le travail «View002», le visiteur doit s’équiper de lunettes 3D. Le champ visuel se modifie alors, comme celui tronqué de la femme qui porte le voile.

Sylvie Ungauer
Collection, 2010
Ces dessins sont réalisés au feutre directement sur des images de magazines de mode puis ils sont numérisés et imprimés sur papier. Ils rendent visible la perte de l’identité de la femme à la fois celle du mannequin dans la photo de mode et celle de la femme portant la burqa. Ces formes noires effacent le corps dans la photographie, l’annule pour créer des formes monstrueuses. Ils sont la suite d’une série de dessins à l’encre: «Collection 2009» où il était question d’une série vêtements carapace en poils.

Nil Yalter
The Headless Woman or The Belly dance, 1974
Nil Yalter, artiste d’origine turque installée à Paris, a beaucoup travaillé sur la condition féminine. En 1974, elle a réalisé une oeuvre vidéo, La femme sans tête ou la danse du ventre, qui aborde la sexualité féminine avec franchise. La vidéo montre en gros plan le ventre de l’artiste; avec un feutre noir, elle écrit autour de son nombril un passage du livre de René Nelly, qui s’intitule Érotique et civilisations.