ART | EXPO

Dara Friedman, Ange Leccia, Anselm Reyle

05 Mar - 09 Avr 2005

Friedman explore les sensations que l’on ressent en faisant le tour de soi-même à travers la vidéo et la photo. Sur un mode sériel, Reyle réanime le dripping, le ready-made ou l’abstraction. Leccia filme le baiser de la terre et de l’eau ou utilise des archives de la Seconde Guerre Mondiale. Son travail sonde la dimension sensible des personnes, leur perception de l’autre, du monde.

Dara Friedman, Ange Leccia, Anselm Reyle
Dara Friedman, Ange Leccia, Anselm Reyle

Dara Friedman

Elle utilise les média de la vidéo et la photographie. Leur mode de présentation varie selon les oeuvres. Les vidéos sont projetées ou parfois disposées selon un schéma précis devenant alors des installations. Il en est de même pour ses photographies comme Vertical Smile (2004) ou Eyes (2003) qui prennent place sur une porte ou une fenêtre qu’on peut ouvrir et qui leur donne un mouvement aléatoire et les définit dans l’espace comme un passage de l’extérieur vers l’intérieur ou le contraire. Une bouche pour Vertical Smile, deux yeux pour Eyes, ces photographies renvoient à l’aspect organique qui sous-tend les oeuvres vidéos de dara Friedman dans lesquelles on retrouve sous diverses formes le thème de la pulsation, du mouvement qui se répète (Toll, 2002 ou Government Cut Freestyle, 1998), atteignant son but (Whip Whipping The wall, 2002), arrivant à un paroxysme (Total, 1997) ou au contraire s’exprime le mouvement sans fin, comme une contrainte obligatoire de l’existence, Wild Dog (2002), Revolution (2003) que nous présentons dans l’exposition.

«Revolution est une promenade sur Washington avenue, promenade qui commence à l’aube, à la Deuxième rue, puis continue sur Collins avenue à la hauteur de la 14è rue avec le lever du soleil synonyme de la fin de la pellicule 16mm. Avec cette vidéo, je m’intéresse aux sensations que l’on ressent lorsqu’on fait le tour de soi-même physiquement et cette impression que l’esprit accompagne le corps dans une sorte de «spirale mentale». C’est un peu comme se promener dans un labyrinthe, ou se jeter au centre d’un tourbillon. On est pris dans une spirale d’émotions contradictoires comme se sentir tour à tour décontracté, malade, soulagé, entrer dans l’inévitable sans vraiment comprendre ce qui arrive.» DF

Dara Friedman est née en 1968 à Bad Kreuznach (Allemagne). Elle vit et travaille à Miami.

Anselm Reyle

La peinture est un des modes d’expression artistique qui suscite le plus de polémique, passion, d’attraits; concommittante à la mouvance figurative de la peinture actuelle, apparaît une recherche abstraite dont Anselm Reyle est une des figures émergentes. Sur un mode sériel qui correspond à la prolixité et à la dynamique essentielles de son travail, Anselm Reyle «réanime» des gestes picturaux tel Dripping, grandes touches de brosse. Il vitalise des sujets difficiles d’approche comme le monochrome, la sculpture «abstraite». Il travaille aussi avec le «Ready-made», l’objet trouvé d’une manière si radicale que l’objet n’a plus d’autre contexte que celui d’aujourd’hui. Il se détache de son passé, il devient contemporain. Son travail de peinture et de sculpture revêt des apparences plastiques évoquant l’abstraction géométrique, gestuelle, optique, mais c’est une filiation libérée, si superficielle ou si profonde que l’oeuvre est entièrement autonome. Elle est suffisamment forte, vitale pour être neuve.

Anselm Reyle est né à Tübingen (allemagne) en 1970. Il vit et travaille à Berlin.

Ange Leccia

L’oeuvre d’Ange Leccia depuis les arrangements (années 1980 à aujourd’hui): installations mettant en présence deux objets dont l’énergie redoublée, se matérialise par la rencontre, par «un baiser». Ce baiser qui est aussi celui de la terre et de l’eau (La mer, 2003), de l’air et du feu (Orage, 1994). Ses oeuvres approchent «les éléments» et leur relation entre eux, de même pour les êtres.
Le travail d’Ange Leccia n’est pas classable dans le registre des oeuvres engagées, développant en priorité un regard critique sur les sociétés actuelles bien que cet aspect y soit très présent (True Romance, 2004; Le mur, 2003). Ses oeuvres s’appréhendent en premier avec l’émotion; elles sondent,dans leurs sujets comme dans leur action, sur le spectateur la dimension sensible des personnes, leur perception de l’autre, du monde. L’oeuvre Brighton (2005), composée d’archives de la Seconde Guerre Mondiale, est emblématique de ces pôles, par exemple, distance critique et émotion directe, qui se rejoignent dans une oeuvre d’Ange Leccia, où, dans le même temps, la pacifique, légère et sensuelle présence d’une femme cohabite avec un bombardement.

Ange Leccia est né le 19 avril 1952 à Minerviù, Corse. Il dirige le Pavillon, unité de recherche du Palais de Tokyo, Paris

critique

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