DANSE | FESTIVAL

Le Mois Kréyol 2019

09 Oct - 09 Nov 2019

Festival des langues et cultures créoles, Le Mois Kréyol 2019 sera l'occasion de plonger dans un florilège de concerts, spectacles, tables rondes, projections, bals, conférences dansées... Autant d'évènements reflétant la vitalité artistique des cultures créoles. Petit focus sur la danse.

Le Mois Kréyol 2019 revient pour sa troisième édition. Porté par la chorégraphe Chantal Loïal, sa compagnie (Cie Difé Kako) et son équipe, le festival des langues et cultures créoles ouvre une fenêtre sur la vitalité des cultures créoles. Dans, téat, mizik, kont, bokantaj, mache kreyol, silema, zev atis… Ou, traduit : danse, théâtre, musique, conte, tables rondes, marché créole, projections, arts plastiques… Le Mois Kréyol se déploiera dans toute la France, pour mieux préparer le 28 octobre. Soit la journée internationale célébrant les langues créoles et leurs cultures. Pour cette troisième édition, le festival rayonnera ainsi à Paris, en Île-de-France, dans le Grand Est (Strasbourg…), à Paimpol, en Martinique, en Guadeloupe, et même au Canada. Pour un festival itinérant par essence, qui, côté danse n’impliquera pas moins de sept compagnies. Sept compagnies pour sept spectacles de danse, mêlant traditions et contemporain, continuité et ruptures, émergences et valeurs sures.

Le Mois Kréyol 2019 (art, danse, théâtre…) : focus sur la danse avec sept compagnies

Avec le groupe Wapa, ce sont les danses traditionnelles de Guyane qui seront à l’honneur. Œuvrant à conserver et transmettre ce patrimoine en mouvement, Wapa a déjà travaillé avec Chantal Loïal. Sur la création du spectacle Cercle égal demi Cercle au Carré (2019), notamment. Une pièce qui sera également reprise en différents lieux lors de ce troisième Mois Kréyol. La compagnie Mangrove et son chorégraphe Hubert Petit-Phar seront également de la partie avec Au bout du Souffle… (2019). Une pièce engagée, qui prend le risque de questionner le contemporain. Dans un autre registre, le Collectif Original Magik Step jouera la carte des frictions et mélanges avec Répercussions. Une pièce conjuguant jazz rock, hip-hop, claquettes à l’américaine et zapateo argentin. Avec des danseurs et chorégraphes explorant et partageant leurs propres héritages et sensibilités, de l’Argentine aux États-Unis en passant par les Antilles, l’Occitanie, la Kabylie, le Congo.

Outil chorégraphique, historiographique : la danse comme élément de créolisation

Autre pièce sensible et engagée du Mois Kréyol 2019 : Kaniki (2017) de Florence Boyer (Cie Artmayage). Soit une plongée chorégraphique dans le délire organisé d’une France coloniale qui aura simplement arraché des enfants réunionnais à leur famille, pour repeupler la Creuse. Il y a des folies qui sont si massives que ne pas y adhérer revient à devoir soi-même « passer pour » fou. Comment traiter une telle histoire ? Florence Boyer le fait avec la danse, une danse maloya qui lui sert de point de départ pour interroger la composante structurelle, toujours actuelle, de ce type de violence humaine. Sur un versant plus doux, Solo, de la chorégraphe et danseuse Logambal Souprayen-Cavéry, offrira plutôt l’image d’une belle rencontre entre la Réunion et l’Inde. Quant au trio Ô Fil de soi (2019), de Rita Ravier (Cie Insolites), il dévoilera la richesse des pluralités.

Si « Je est un Autre », comme disait Arthur Rimbaud, il est aussi plusieurs autres. Toute une population d’alter egos en mouvement, parfois difficile à identifier. Pièce chorégraphique explorant cette question (paradoxalement si clivante) des identités, avec Ô Fil de soi la compagnie Insolites proposera des façons d’être ensemble. Et entre frictions, étonnements, appropriations, glissements et créations, le Mois Kréyol sera l’occasion d’ouvrir des transversalités artistiques.