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Ce que fait l’estafette

09 Nov - 22 Déc 2006

Ce que fait l’estafette, une exposition, tirée du livre du même titre, soixante trois histoires courtes (durée, en jours, de l’insurrection de Varsovie) écrites par Darek Foks, accompagnées chacune d’un photomontage réalisé par Zbigniew Libera. L’estafette est le nom donné aux agents de liaisons, majoritairement des femmes, de la résistance nationale polonaise pendant la seconde guerre mondiale.

Ce que fait l’estafette de Darek Foks, Zbigniew Libera

Sur fond de ruines de Varsovie, nous admirons les portraits de grandes stars des années soixante et soixante-dix, telles Monica Vitti, Sophie Loren, Anita Ekberg ou Gina Lollobrigida. Déshabillées, aux décolletés tentateurs, mais le plus souvent sobrement vêtues d’uniformes, elles nous regardent avec mélancolie : leurs regards expriment la frayeur, et parfois (rarement) leur séduction s’inscrit étrangement dans le paysage de la capitale en état de destruction (déconstruction).

Dans une interprétation rapide, l’exposition «Ce que fait l’estafette» a pour sujet la manière dont l’insurrection de Varsovie, l’événement le plus tragique inscrit dans la mémoire de la grande majorité des Polonais, s’est infiltrée dans le psychisme de la génération des années 60-70.

Dans le projet de Libera et de Foks, les estafettes deviennent non seulement le souvenir de l’image de jeunes filles héroïques dans le paysage d’une Varsovie combattante, fortement implantée dans la mémoire nationale, mais également d’icônes de la culture pop des années 60 dont rêvaient tous les jeunes de cette génération. C’est ainsi que le souvenir d’une tragédie se mêle au souvenir des premiers plaisirs.

Zbigniew Libera, esprit fin et critique, grande figure de l’art contemporain polonais de ces quinze dernières années, a défrayé, la chronique en 1996 en re-interprétant les fameuses boîtes de Legos sous forme de camps de concentration.
«Il est sans conteste l’un des acteurs majeurs de l’art contemporain et s’avère être l’un de ceux qui savent le mieux convertir le caractère intrusif des images omniprésentes dans notre univers dans des objets transgressifs où le mécanisme du transfert est parfait».
Ami Barak.

Publication
Ce que fait l’estafette est traduit du polonais par Erik Veaux, édité par Ars Cammeralis Superior Silesiae et onestar press avec le soutien de l’Institut Polonais.
Prix : 20 euros

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Raphaël Brunel sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

Ce que fait l’estafette