ART | EXPO

Ca fout les chocottes!

14 Juin - 02 Nov 2008

Sur le parcours de la Dégelée Rabelais, cette exposition s’inspire du personnage de Panurge, l’ami couard et menteur de Pantagruel. Les oeuvres se montrent sans fard tout en restant accessibles.

Communiqué de presse
Robert Combas, Ernest T., Patrick Everaert, Bernard Faucon, Michel François, Thomas Grünfeld, Yvan Le Bozec, Fiorenza Menini, Gaël Peltier, Eric Poitevin, Paul Pouvreau, Jean-Claude Ruggirello, Erwin Wurm
Ca fout les chocottes!

Parmi les personnages de Rabelais qui ont laissé trace, Panurge est en bonne place pour nous avoir légué l’expression : « mouton de panurge ». Escroc, menteur et faux médecin, Panurge est un faire-valoir de Pantagruel, mais il est aussi le non-héros d’un sketch fameux : sur un bateau, lors d’une mémorable tempête, il incarne toutes les facettes de l’évitement et de la soumission au danger.

D’abord affirmer qu’il n’aura jamais à affronter le danger : « Quels dangers ? Les dangers fuient devant moi, où que je sois, sept lieues à la ronde, comme quand arrive le prince, se retire le magistrat, quand arrive le soleil s’évanouissent les ténèbres… ». Tiers Livre, chapitre 47.

Puis lorsque le danger est là, succomber, pleurnicher, sangloter, faire mille promesses aux saints, prostré, paralysé, déjà mort avant l’heure : « Bou bou bous, bous, c’en est fait de moi. De peur je fais pipi dans mes culottes. Bou, bou, bou, bou… je me noie, je me noie, je meurs. Braves gens je me noie. »

Rester inaccessible autant aux conseils de passer à l’action qu’aux exhortations les plus musclées de ses compagnons : « Par Dieu, Panurge le veau, Panurge le pleurnichard, Panurge le gueulard, tu ferais mieux de venir ici nous aider, que de rester là à pleurer comme une vache, assis sur tes couilles comme un babouin ! ». Et pour finir le tableau quand le danger s’écarte, nier avoir eu peur !
Dans les mêmes chapitres, ce sont Frère Jean, pendant la tempête, et Epistémon, lorsqu’elle est finie, qui nous proposent une autre voie : faire face. 

C’est cette idée de « faire face » qui sert de lien aux œuvres présentées au Vallon du Villaret. Des œuvres qui se montrent sans fard, mais restent accessibles au public familial qui fréquente le lieu.