ART | EXPO

Bojan Sarcevic

08 Déc - 15 Fév 2003

Les photographies urbaines de Bojan Sarcevic sont le point de départ de sculptures reconstituant des fragments d’architectures, souvent sacrées (cathédrale, mosquée), souvent faites de matériaux de récupération.

Communiqué de presse
Bojan Sarcevic
Bojan Sarcevic

De l’intérieur de la voiture qui déambule dans la ville, le doigt trace sur la vitre embuée des verticales, des horizontales, quadrille et sature la surface du pare-brise. Dessin éphémère de barrières mentales, géométrie de l’errance qui avant de disparaître interrogent l’espace que l’on voit au-dehors pour y trouver un itinéraire possible.
Bojan Sarcevic déploie son travail autour de la question de l’assimilation, du désir de vouloir s’inscrire dans un lieu, des limites des espaces où l’on évolue.
Il note ce qu’il voit en photographiant, souvent par hasard, un morceau de ville, un détail d’architecture. Une photographie est parfois le point de départ d’une sculpture, comme pour Spirit of inclusivness (2002), reconstituant un fragment en restauration de la Cathédrale de Cologne telle une mosaïque incluant acier, laiton, zinc, cuivre et couleurs de tonalités différentes (correspondant aux parties anciennes et restaurées).
Une autre architecture sacrale est à l’origine de Spirit of Versality (2002). Cette sculpture en bois peint est la réplique des éléments ornementaux d’une mosquée. La pièce de forme triangulaire, dont la base épouse parfaitement l’angle du plafond et des murs du lieu qui l’accueille montre ostensiblement ses qualités d’adaptation et se trouve réactivée dans son esprit universel.
D’autres captures sont présentes dans le travail de Bojan Sarcevic comme ces quatre papiers calques qu’il dispose dans une vitrine (Mies’s leftovers, 2002). Enroulés aux bords écorchés, sans doute découpés sans précaution, séparés de leur origine, ils sont comme le dessin en négatif d’un plan. Ils nous incitent à suivre mentalement le tracé d’une construction qui pourrait être celle de l’architecte Mies van der Rohe. Ces restes d’un acte passé, tombés sur le sol d’un bureau d’études ont été «relevés» par l’artiste pour mieux questionner l’intérêt qu’il faut accorder aux rebuts et résidus comme les chutes de bois ayant servis à la réalisation d’une de ses œuvres (Untitled, 2002).
C’est leur caractère d’indétermination qui conduit Bojan Sarcevic à reconsidérer ces «inutilisables» à les superposer pour nous renvoyer à la pièce originelle — à la sculpture.

Ces œuvres seront mises en espace au Centre d’art contemporain ainsi qu’une œuvre in situ spécifique au lieu, des vidéos et des photographies.

Bojan Sarcevic
Bojan Sarcevic est né à Belgrade (Croatie) en 1974.

Commissaire
Xavier Franceschi

Publications
Un livre de l’artiste est édité à l’occasion de l’exposition.

Partenariats
Le Centre d’art contemporain de Brétigny reçoit le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication (D.R.A.C. Ile-de-France), du Conseil Régional Ile-de-France et du Conseil Général de l’Essonne.