ART | EXPO

Autre pareil

19 Nov - 13 Juil 2012
Vernissage le 19 Nov 2011

L'artiste Philippe Richard fait dialoguer la collection du musée de Dunkerque et ses propres oeuvres, installées ou créées spécialement pour l'occasion. Fort de l'idée qu'une oeuvre intéressante est toujours un objet non identifié, étrange et menaçant, l'artiste s'interroge sur la question de l'altérité et fait jouer les oeuvres les unes avec les autres, créant des rapprochement inattendus.

Philippe Richard
Autre pareil

«Autre pareil» est une exposition imaginée, conçue et réalisée par lʼartiste Philippe Richard sur une invitation de Aude Cordonnier, directrice du musée des Beaux-Arts et du LAAC à Dunkerque. «Autre pareil» est né dʼune idée commune. Il y a lʼenvie dʼune rencontre, dʼun échange, dʼun partage. Lʼidée de Aude Cordonnier était très simple: il sʼagissait de demander à Philippe Richard de poser un regard singulier sur les collections des deux musées et dʼen faire une exposition, lʼartiste installant ou créant des oeuvres en contrepoint ou en écho aux œuvres choisies. Le titre «Autre pareil» est librement inspiré du premier poème que Samuel Beckett a écrit en français. Samuel Beckett était par ailleurs le secrétaire de son compatriote James Joyce dont il sera question dans ce projet. Lʼexposition occupe tout lʼespace du musée des Beaux-Arts de Dunkerque, les salles dʼexposition mais aussi lʼétage utilisé pour les réserves visitables.

Derrière chaque oeuvre, chaque objet, il y a des personnes, des gens qui les ont créés, imaginés, construits, des gens qui les ont utilisés, des gens qui ont été représentés. Regarder une oeuvre, cʼest engager une rencontre. Philippe Richard a cherché du côté du voyage, de lʼOdyssée, dʼUlysse. Il a entrevu une déambulation particulière, une dérive, transformant lʼespace du musée en un long parcours autant physique que mental, imaginant Stephen Dedalus, personnage principal dʼUlysse de James Joyce zigzaguant, tentant de rentrer chez lui. La construction de ce projet est basée sur des intuitions et sur des questions concrètes qui constituent autant de fils et de lectures possibles.

Une salle est un chapitre dʼune histoire non encore écrite. Les oeuvres exposées se répondent les unes les autres, autant dans lʼespace des salles que dans la mémoire du visiteur, une oeuvre dʼune salle se trouvant liée avec une autre, vue ou aperçue auparavant lors de la visite dʼune autre partie de lʼexposition. La lecture se veut multiple, adaptée aux intérêts de chacun. Il y a par exemple la présence récurrente des animaux. On les retrouve partout, représentés dans des peintures, sculptés dans des matériaux les plus divers, empaillés (ces derniers proviennent de la collection dʼhistoire naturelle). Leur présence nous surprend dʼautant plus quʼils ont parfois lʼair de déambuler eux aussi dans le musée. Certains se sont bien installés, occupent le terrain. Ils nous surprennent tout comme les oeuvres, autres et pareilles.

Outre celle de lʼaltérité, la question principale consiste à chercher une forme. Une forme qui, telle une énigme, en appelle une autre et une autre encore. Aussi, Philippe Richard a entrepris la construction de neuf objets se trouvant dans les neuf salles dʼexposition. Ces oeuvres de tailles modestes (des structures cubiques de 60 cm de côté) se retrouvent exposées avec les objets de la collection. Elles fonctionnent comme la solution de lʼénigme, du rébus, de la question. Elles sont à la fois lʼintroduction et la conclusion dʼun chapitre. Ces neuf structures peintes se retrouvent agrandies sur les façades du musée et des bâtiments alentour. Elles sont les signes annonciateurs du projet et la solution des questions posées à lʼintérieur.