ART | EXPO COLLECTIVE

Asco and Friends: Exiled Portraits

08 Mar - 06 Juil 2014
Vernissage le 07 Mar 2014

Asco est un groupe d’artistes Chicano, actif de 1972 à 1987, qui utilisait l’art pour répondre aux inégalités politiques et sociales qui l'entourait. L’exposition réunit des œuvres produites par le noyau du groupe et celles d’artistes associés, autour des thématiques du portrait, de la communauté et de l’exil social.

Harry Gamboa Jr., Gronk, Willie F. Herron III, Patssi Valdez, Oscar Castillo, Cyclona, Jerry Dreva, John Valadez, Ricardo Valverde, Humberto Sandoval
Asco and Friends: Exiled Portraits

Triangle France et le Chicano Studies Research Center à UCLA présentent la première exposition en France d’Asco, groupe d’artistes Chicano, actif à Los Angeles de 1972 à 1987. Ce groupe pluridisciplinaire a eu recours à la performance, la photographie, le film, l’intervention urbaine et l’art public pour répondre aux inégalités politiques et sociales qui l’entouraient. Asco, dont le nom signifie «nausée» en espagnol, s’est tout d’abord constitué autour des artistes Harry Gomboa Jr., Gronk, Willie F. Herron III et Patssi Valdez avant d’intégrer un nombre fluctuant d’autres collaborateurs et d’amis parmi lesquels Diane Gamboa, Marisela Norte et Teddy Sandoval.

En se focalisant sur les travaux produits par le noyau du groupe, constitué des quatre membres fondateurs, cette exposition envisage les travaux conceptuels et expérimentaux d’Asco du point de vue du portrait, de la communauté et de l’exil social, en explorant les dialogues visuels entre le groupe et d’autres artistes de la même génération et localité comme Oscar Castillo, Cyclona, Jerry Dreva, John Valadez et Ricardo Valverde.

En réaction à l’absence d’imagerie liée à la communauté Chicano dans les médias, le groupe s’est approprié les stratégies à l’œuvre dans le cinéma et a fabriqué des narrations alternatives par auto-documentation. Ces images, construites et mises en scènes, sont empreintes d’une ironie certaine et sont mises en circulation dans le discours public, bien qu’étant créées à la périphérie d’une culture médiatique de plus en plus globalisée. Ces travaux ne revendiquent pas un espace neutre d’où les artistes pourraient proclamer une plus grande authenticité, se réapproprier des traditions perdues ou s’engager dans la représentation héroïque d’un peuple opprimé. En revanche, leurs images produisent un index répertoriant des mythologies individuelles au sein d’un ensemble inégal de relations de pouvoirs.

Dans leurs travaux, les artistes ont eu recours à la fois aux portraits publics et privés afin de construire des narrations fermées. Ils ont imaginé Los Angeles comme une toile de fond sur laquelle se documenter eux-mêmes et comme le terrain de performances. Dans leurs performances, la notion de portrait fonctionne souvent comme un mécanisme interne à l’œuvre. Il s’agit d’un protocole plus que d’une finalité. La construction du soi est mise en parallèle avec l’image mouvement et, le processus de montage avec des œuvres reprenant la forme de «fotonovelas» (romans-photos) ou d’événements publics, tels que les défilés de mode et les cérémonies de récompenses factices. Celles-ci référencent également de façon très forte la culture de la célébrité.

Les travaux d’Asco élargissent un espace de représentation restreint, celui du cinéma et des médias de masse dont ils se sentaient exclus. Ils y intercalent un autoportrait souvent absurde, tout en jouant avec la flexibilité et les limites de ces contextes de production d’images.

Les œuvres rassemblées dans cette exposition révèlent un intérêt plastique et conceptuel pour les questions de présence et d’absence au sein de la production du groupe et des amis artistes associés. La notion d’éphémère dans la pratique d’Asco, incluant des concepts tels que la rumeur, l’insinuation, le ragot, supplante souvent la dimension factuelle dans la documentation photo de leur travail. Leurs œuvres apportent les preuves visibles d’événements, mais fonctionnent souvent plus comme une provocation que comme une vérité absolue. Au travers de dialogues visuels créés entre leurs travaux et ceux de leurs amis, une représentation plus large de l’effacement de l’image et du déplacement du portrait émerge des moments au cours desquels ces travaux ont été réalisés.

Avec les œuvres de: Oscar Castillo, Cyclona, Jerry Dreva, Humberto Sandoval, John Valadez, Ricardo Valverde, Agnès Varda.

Commissariat
Céline Kopp, Chon Noriega et Pilar Tompkins Rivas

Vernissage
Vendredi 7 mars 2014