DANSE | SPECTACLES

Antigone Jr./ Guintche

24 Nov - 26 Nov 2011

A l’occasion du festival les Inaccoutumés, Trajal Harrell et Marlene Monteiro Freitas nous présentent leurs créations personnelles, chacune prenant pour point de départ le support papier: le texte avec Antigone Jr., le dessin pour Guintche.

Trajal Harrell, Marlene Monteiro Freitas
Antigone Jr. / Guintche

Antigone Jr.
Selon la tradition anglaise et américaine, un junior (jr.) est le fils d’un père du même prénom. Ainsi, avec Antigone jr., le chorégraphe new yorkais Trajal Harrell se penche sur le rôle d’Antigone de la tragédie de Sophocle. Cette pièce sera ensuite développée en une pièce plus longue intitulée Twenty Looks or Paris is Burning at the Judson Church (L), elle-même s’intégrant à une série répartie en cinq tailles standard: Small (S), Extra Small (XS), (M)imosa, la version medium, et les prochaines Large (L) et Extra Large (XL). Toutes ces pièces tentent de répondre à la question suivante: Que serait-il arrivé en 1963 si un danseur voguing (danse qui émergea sur la scène gay de Harlem et qui s’inspirait des magazines de mode) avait débarqué à la Judson Church pour se produire auprès des premiers chorégraphes post-modernes (notamment Yvonne Rainer et Trisha Brown)?
Plutôt que d’illustrer une fiction historique Trajal Harrell nous invite à repenser le contexte contemporain. Ce qui nous est proposé ne s’est jamais produit aux bals voguing et à la Judson Church, mais une troisième possibilité est créée, ici et maintenant. Antigone jr. correspond dans la série à un format unique et unisexe.

Guintche
Cette pièce provient d’une figure que j’ai dessinée à partir de la mémoire d’un concert. Je l’ai appelée Guintche et entre temps elle a grandi, gagné de la vie, de l’autonomie, s’est rebellée. Le dessin crée des personnages dont le destin est de s’émanciper. Guintche n’est plus alors la prothèse d´une pensée et devient une danse. Le mouvement répétitif et circulaire de la musique fait tournoyer Guintche progressivement hors de soi. Du visage ont voit apparaître le laid et le monstrueux, les mains deviennent masques, puis sont successivement mâchées, mangées et vomies. En tournoyant le corps se rétrécit, s’élargit, se transforme, se défigure. Le rythme initial se dilate jusqu’au point d’englober toute la pièce et imposer son hétérogénéité, ses différences, déterminant les changements successifs de direction.
Marlene Monteiro Freitas

critique

Antigone Jr./ Guintche