ART | EXPO

American Idol

21 Oct - 20 Nov 2010
Vernissage le 21 Oct 2010

La série des «Présidents des États-Unis» a débuté en 1995, sous l'air Bill Clinton. Liza Lou a mis fin à ce projet au long cours, consistant à exécuter méticuleusement des portraits en perles de tous les présidents des États-Unis, juste avant que George W. Bush ne commence son mandat.

Liza Lou
American Idol

La galerie Thaddaeus Ropac présente la prochaine exposition de l’artiste américaine, Liza Lou, intitulée «American Idol». Pour sa deuxième exposition personnelle à la galerie, Liza Lou a décidé de montrer une oeuvre majeure: l’installation des Présidents des États-Unis (1995-2000), ainsi qu’un ensemble de dessins arachnéens présentés au premier étage.

Le travail de Liza Lou et son language si singulier par l’usage des perles n’a pas cessé de captiver le public dès sa première présentation de Kitchen en 1996, une cuisine de 16 m2 où ne manque pas un appareil ménager, meuble ou ustensile, qu’elle a complètement recouverte de perles en verre multicolores patiemment collées une à une.

Au fil des années, elle a changé de sujet, passant de l’univers domestique, avec Kitchen (1991-1995) et Backyard (1995-1999), à des thèmes plus engagés et plus politiques: Security Fence (2005), Cell (2004-2006) et Barricade (2007-2008). Mais elle continue à jouer sur les contrastes entre les connotations frivoles des jolies perles colorées et la nature des sujets évoqués, tantôt prosaïques, tantôt polémiques, pour mieux stimuler la réflexion.

Liza Lou a commencé la série des «Présidents des États-Unis» en 1995, sous le mandat de Bill Clinton. C’était un projet au long cours, consistant a exécuter méticuleusement des portraits en perles de tous les présidents des États-Unis. Elle y a mis fin en novembre 2000, juste avant l’arrêt de la Cour suprême déclarant George W. Bush vainqueur de l’élection présidentielle.

L’issue du scrutin étant restée indécise pendant plusieurs semaines, l’installation des Présidents des États-Unis s’achève sur un portrait vide, posé par terre contre le mur, qui symbolise un moment d’interruption dans le cours de l’Histoire, où les États-Unis n’avaient pas de président. Cette œuvre souligne les bizarreries du système électoral américain. Liza Lou l’a exposée à la Renwick Gallery du Smithsonian Museum, à Washington, en novembre 2000, durant le mois le plus mouvementé et le plus mémorable de l’histoire présidentielle récente aux États-Unis.

Les 43 portraits en perles, réalisés dans des tons gris et argent, évoquent la tradition des gravures et des portraits officiels en noir et blanc montrant le président sous son meilleur jour. En général, les électeurs ne votent pas pour un homme, mais pour son image, et Liza Lou ne fait qu’accentuer ce jeu des apparences. Les portraits renvoient aussi aux effigies présidentielles qui abondent dans la culture populaire, depuis les timbres jusqu’aux badges en passant par toutes sortes de bibelots kitsch.

En outre, comme le fait remarquer l’artiste, «c’est plutôt cocasse de voir des hommes en perles. Herbert Hoover n’est pas quelqu’un que l’on associe à l’idée de clinquant et paillettes.» Cette méditation sur l’histoire englobe quelques objets cérémoniels illustrant les fastes du pouvoir, tel le lustre au plafond ou la table du XIXe siècle et son cigare dans le tiroir.

Un portrait du président Barak Obama, flanqué d’un drapeau américain tout bleu, est placé à l’écart de la série des Présidents des États-Unis. Il signale une rupture, un nouveau commencement. Liza Lou, poursuivant sa réinterprétation de l’emblème national, a créé un drapeau américain réduit à un ruban de 7 cm de large sur 60 cm de long. Ce Ribbon (2010) se présente comme une bande tissée d’un seul tenant, ornée de 52 étoiles et de rayures rouges et blanches. Accroché au mur, il retombe au sol dans un ruissellement de perles rouges, blanches et bleues.

Les dessins récents exposés au premier étage de la galerie témoignent de l’attirance de Liza Lou pour les amoncellements et les longs travaux minutieux. Des multitudes de petits points ou pastilles s’entassent et prolifèrent à la surface du papier.

«Créer des amas cellulaires, envisager la matière comme un agrégat de cellules… Ce doit être la préoccupation fondamentale, j’imagine, l’accumulation de matière au fil du temps», explique l’artiste.

Un catalogue entièrement illustré, rédigé par Diedrich Diedrichsen et par Christoph Doswald, sera édité à l’occasion de cette exposition.

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