PHOTO | EXPO

Mois de la photo. Alter

08 Avr - 30 Avr 2017
Vernissage le 08 Avr 2017 à partir de 16:00

L’exposition « Alter » réunit dans un projet photographique commun, treize plasticiens et photographes résidant au 6b. Ce travail collectif interroge la notion d’« altérité », et regroupe des œuvres inédites, produites spécialement pour la première édition du Mois de la Photo du Grand Paris.

Lieu de création et de diffusion implanté depuis 2010 sur l’île de Saint Denis, le 6b accueille en son sein plus de 160 ateliers, et vise, à travers le Mois de la Photo du Grand Paris, à faire découvrir des artistes photographes issus de son vivier. L’exposition « Alter » fonctionne suivant un principe créatif ouvert, où chacun des treize artistes invités peut mettre à disposition du groupe ses réflexions et ses envies en lien avec la question de l’altérité.

Expérimenter l’altérité

Cette méthodologie de travail devient une manière d’expérimenter l’altérité en tant que telle. En effet, les artistes d’« Alter » confrontent leurs photographies aux points de vue du groupe, et mélangent leur travail à d’autres expériences, à d’autres compétences que les leurs (peinture, sculpture, architecture, graphisme, vidéo, sociologie…). Ce processus créatif se veut aussi perméable. Les artistes peuvent s’influencer les uns les autres, contribuer à l’œuvre de leurs pairs, ou organiser des prises de vue à plusieurs.

Une notion relationnelle, sociale et politique

Dans chacun des travaux exposés au 6b, l’altérité apparaît comme une notion relationnelle. Il n’y a pas d’altérité dans la solitude, celle-ci se constitue dans un tissu social. Alors qu’aujourd’hui de nombreux discours philosophiques et politiques veulent figer l’identité dans une substance immuable, qui serait donnée une fois pour toute, il paraît intéressant de rappeler qu’au regard de l’Histoire, c’est pourtant une suite d’altérations qui n’a cessé de façonner, de remodeler et de faire muer les identités.

Philippe Monges interroge par exemple notre relation aux migrants, tandis que les sœurs Chevalme s’intéressent aux conséquences de la colonisation, et donnent la parole à des Français nés de parents immigrés, à qui l’on demande quotidiennement d’où ils viennent, comme si on les percevait toujours comme des étrangers, tant il semble incroyable d’imaginer une France multiculturelle – ce qui n’est pourtant que le simple reflet de son histoire. Laure Crubilé arpente quant à elle le quartier d’affaires de la Défense, où les individus sont répartis, orientés et stockés, et où chaque être semble avoir perdu son unicité, noyé dans un mouvement de masse. A l’opposé, Damien Gautier explore des terrains vagues abandonnés, délaissés par les hommes et leurs activités, où jaillissent des plantes vivaces, rebelles à toute emprise humaine.

Le visage d’autrui

L’exposition « Alter » part également à la rencontre d’autrui, avec notamment les projets de Chloé Belloc et de William Gaye, qui s’intéressent respectivement à l’autisme et aux personnes non voyantes, pour tenter de comprendre leur représentation et leur interaction avec le monde. Les visages, primordiaux pour le processus de reconnaissance des individus, sont également au cœur des préoccupations des artistes, comme chez Ceb, qui entremêle les traits des photographes d’« Alter » dans des portraits recomposés, ou chez Jean-Marc Planchon, qui intègre dans une même prise de vue plusieurs attitudes ou expressions typiques d’un modèle, pour tenter de se rapprocher d’une image de référence de notre système mnémonique.