ART | EXPO

Altars of Madness

28 Sep - 15 Déc 2013
Vernissage le 28 Sep 2013

«Altars of Madness» révèle les œuvres d'artistes marquées par le metal extrême témoins pertinents de cette scène musicale et ayant contribués à façonner son iconographie. L'exposition pose sans détour la question de l'extrême puis explore le genre musical sous les angles de la politique, de la mort et d'un rapport païen au paysage.

Matthew Barney, Nicholas Bullen, Larry Carroll, Grégory Cuquel, Damien Deroubaix, Seldon Hunt, Gregory Jacobsen, Theodor Kittelsen, Harmony Korine, Elodie Lesourd, Juan Pablo Macias, Maël Nozahic, Torbjorn Rodland, Steven Shearer, Mark Titchner, Gee Vaucher, Banks Violette
Altars of Madness

Le metal extrême émerge dans la seconde moitié des années 1980 à travers trois genres musicaux distincts corrélés par des principes, des esthétiques et des évolutions différentes: le grindcore, le death metal et le black metal. Culture underground, le metal extrême a marqué de nombreux artistes et plasticiens.

Lucid fairytale

La première partie de l’exposition se concentre sur le grindcore et la dimension politique du metal extrême. Puisant sa source dans le mouvement punk des années 1980, les groupes de grindcore abordent avant tout des sujets politiques comme l’anarchie et l’anticapitalisme, et révèlent une certaine radicalité discursive et esthétique. Sous la revendication affichée de «noise not music», le grindcore se définit délibérément comme anti-musical, rugueux et inconfortable, ce qui se traduit visuellement par un langage anti-esthétique, agressif voire irritant. On peut remarquer une référence politique très nette dans les œuvres de Mark Titchner, Damien Deroubaix, Juan Pablo Macías, Nicholas Bullen et Gee Vaucher, accusant une réalité abjecte du monde contemporain.

Death is just the beginning
La seconde partie de l’exposition correspond au death metal, qui peut être interprété comme l’équivalent musical aujourd’hui de ce qu’était le «memento mori» et les symboles de vanité dans la peinture classique. Les groupes de death metal puisent dans la thématique de la mort qui constitue selon eux la fin ultime et inévitable. De même, ils illustrent les pochettes de crânes ou d’autres métaphores relatives à l’errance et à la peur — à l’instar des représentations que l’on peut trouver chez Bosch et Bruegel. Des artistes comme Matthew Barney, Steven Shearer et Gregory Cuquel incorporent littéralement la symbolique de cette niche (à travers les instruments, le look, les logos) tandis que d’autres — comme Larry Carrol, Gregory Jacobsen et Maël Nozahic — développent une œuvre plus introspective, explorant l’angoisse et l’ambiguïté dans toute leur violence en représentant personnages monstrueux et morbides voire paysages apocalyptiques.

Dark matter landscape
La troisième partie de l’exposition est consacrée au black metal qui, sur le plan musical, oscille entre la rapidité extrême et des passages plus atmosphériques. L’humeur sombre et dépressive est ici couplée à une fascination pour la violence, le crime et le macabre. Le black-metal incarne une position nihiliste et païenne en renvoyant tantôt aux déités nordiques tantôt à tout ce qui peut incarner le mal. La richesse visuelle du black metal a inspiré nombre d’artistes comme par exemple le maquillage singulier, en noir et blanc, des musiciens et les pochettes illustrant figures cadavériques et paysages nordiques. Le thème du paysage — auquel même les titres de morceaux font référence — est récurrent dans cette partie de l’exposition et confère une note romantique et symboliste au black metal en particulier dans les œuvres de Torbjorn Rodland, Seldon Hunt et Theodor Kittelsen. D’autres artistes comme Banks Violette, Elodie Lesourd et Harmonie Korine se réfèrent directement à certains groupes de black metal, à leurs pochettes ou aux codes spécifiques (maquillage, satanisme, violence).

Autour de l’exposition
— Conférence de Damien Deroubaix
Mercredi 20 novembre à l’EESI
— Conférence: «Altars of Madness», l’art, le metal et le mal par Jérôme Lefèvre
Jeudi 21 novembre à la Médiathèque François-Mitterrand

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