Damien Deroubaix

Damien Deroubaix

Damien DEROUBAIX — né le 9 mai 1972 à Lille (France). Vit et travaille à Meisenthal (France).

Damien Deroubaix travaille essentiellement la peinture, au sens large. C’est-à-dire la composition mixte en deux dimensions, jusqu’au bas-relief. Peinture à l’huile, acrylique, collage, aquarelle, dessin, gravure sur bois, encre… La picturalité de Damien Deroubaix est inclusive et conflictuelle, dans l’emploi même des matériaux. Figurative, entre danses macabres et allégories anarcho-punks, l’œuvre de Deroubaix remixe l’histoire de l’art occidentale. Notamment en s’appropriant et détournant les mythologies culturelles et les grands thèmes de l’histoire de l’art (vanités, danses macabres, Surréalisme…). Iconophile et iconoclaste, à travers la joie pseudo-diabolique enjouée, potache, se dégage néanmoins une forme d’inquiétude rationnelle. Dans les œuvres de Damien Deroubaix (nominé au Prix Marcel Duchamp en 2009), la blague a quelque chose d’inquiet.

Damien Deroubaix : appropriation et remix postmoderne (peinture, dessin, gravures…)

Avec sa toile Beneath the remains (2014), Damien Deroubaix rejoue la Victoire de Samothrace. Cette statue-phare, attirant encore les foules au musée du Louvre. Entre Dali et Chirico, une sorte de panache de fumée noire se dégage du buste décapité. Feu bleuté, pont suspendu, chardons décharnés, arbres sans feuille, tons blanc-gris, noirs, bleus, sépias… Beneath the remains porte un regard sec sur ce chef d’œuvre de l’histoire de l’art humaine. Un regard déshumanisé et industrialisé. Avec Forêt (2014), toujours dans un format ample (1,5m * 2m), des squelettes flottent dans une forêt dénudée. De l’un d’eux s’échappe une bulle, façon Pop Art : « YEAH! ». D’un autre semble rayonner une pie. Entre iconographie de la Pentecôte (le Saint-Esprit sous forme de colombe) et humour d’une déjection en plein vol, la peinture de Damien Deroubaix s’inscrit dans la mouvance du remix postmoderne.

Une peinture cultivant les contradictions : rebelle et internationale

Mobile, Damien Deroubaix a développé une géographie de travail européenne, avec une forte composante franco-allemande. Il a étudié à Saint-Étienne, ainsi qu’à Karlsruhe. Il a travaillé pendant dix ans à Berlin. De 1998 à 2010, il a été le commissaire du (9)BIS, à Saint-Étienne. Soit un lieu d’art qu’il avait créé en 1998 et où furent notamment exposées des œuvres de Claude Levêque. Cette coloration un peu punk-rock, anarchie et squat, se retrouve dans les œuvres de Deroubaix. Mais la question de l’appropriation culturelle (propriété / domaine public) confère aussi à son travail une dimension internationale. Ses oeuvres sont ainsi intégrées à des collections, publiques et privées, du monde entier. Le Centre Pompidou Paris, le MoMA de New York, le Mudam Luxembourg, le Museu Coleçao Berardo de Lisbonne, le Kunstmuseum de St Gallen… Les œuvres de Deroubaix s’accordent avec l’inquiétude contradictoire de la postmodernité.