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Alphavilles ?

80 photos de paysages civilisés présentés par lettre alphabétique de la ville où ils sont situés (de Acapulco à Zürich). Des architectures étonnantes ou désolantes, dont le modernisme n’est parfois plus bien loin d’Alphaville de Godard. Une urbanisation normée dans un environnement structuré que seuls les clichés de l’artiste savent encore rendre poétiques.

— Auteur : Dominique Gonzalez-Foerster
— Éditeurs : Les Presses du réel, Dijon / JRP-Ringier, Zürich / Fage éditions, Lyon
— Année : 2004
— Format : 20,50 x 26 cm
— Illustrations : nombreuses, en couleurs et en noir et blanc
— Pages : 160
— Langues : français, anglais, allemand
— ISBN : 2-84066-126-8
— Prix : 40 €

Introduction
par Dominique Gonzalez-Foerster (p.4)

Au Brésil, un promoteur nommé Albuquerque construit depuis 1974 des « Alphavilles » : enclaves urbaines « modèles » et surprotégées, en bordure des grandes villes. Un nom directement inspiré du film de Jean-Luc Godard Alphaville (1965) qui décrit une ville contrôlée par un ordinateur, anxyogène et absurde… En quoi l’Alphaville de Sao Paulo ressemble-t-elle à celle de JLG ? Est-ce que la planète se couvre progressivement d’Alphavilles ? Climat, urbanisation, modernisme, régionalisme et tourisme sont les ingrédients de cocktails spatiaux parfois ennuyeux, parfois très étonnants. Où sont les différences, où sont les répétitions ?

Dans son roman Un photographe à la Plata, Adolpho Bioy Casares raconte les aventures d’un jeune homme dans cette ville d’Argentine crée en 1882 sur un plan orthonormé. Une grille immense avec des diagonales et dont les rues sont simplement numérotées. Pourtant, même dans cet environnement totalement tramé, le jeune photographe va vivre des moments spécifiques, et les descriptions faites par ABC des instants photographiques, racontant à la fois l’image enregistrée et l’espace construit, sont très stimulantes.

On appelle une partie de New York « Alphabet City », parce que ses rues portent des noms de lettres et, dans certaines grandes villes comme Shangai ou Buenos Aires, les rues portent systématiquement les noms d’autres villes, superposant des espaces éloignés et créant des proximités inédites.

« – A Ostende, j’aime Gibraltar. « (Bashung) – A Brasilia, il y a Chandigarh. – A Paris, il y a Buenos Aires et à Palm Springs, il y a Kyoto. »

Ce livre d’images est publié à l’occasion de deux expositions qui vont se situer l’une à Antwerpen (De Singel) et l’autre à Zurich (Kunsthalle). Les images de Zurich sont de Peter Fischli et David Weiss.

De A à Z à travers 80 villes, liste absolument non exhaustive…

(Texte publié avec l’aimable autorisation des éditions Les Presses du réel)

L’artiste
Dominique Gonzalez-Foerster est née en 1965 à Strasbourg. Vit et travaille à Paris.