DANSE | SPECTACLE

Biennale de la Danse de Lyon | Big Bears Cry Too

19 Sep - 22 Sep 2018

Venue des arts visuels, Miet Warlop chorégraphie des performances riches en objets aussi bizarres que stimulants. Avec Big Bears Cry Too, elle livre un solo pas si solo, où le performeur interagit avec des personnages mi-réels, mi-imaginaires. Un joyeux charivari, sur la fragilité des gros ours.

Artiste pluridisciplinaire, avec Big Bears Cry Too (2018), Miet Warlop livre une performance en forme de solo. Artiste visuelle, multimédia, chorégraphe… Miet Warlop développe un univers où les objets ont un impact puissant. Pièce tout public (à partir de 6 ans), Big Bears Cry Too [Les gros ours pleurent aussi] n’est pas non plus un conte niais. Gros ours en peluche, globes oculaires géants, immense dentier d’une improbable créature, soufflerie et gonflements, voix déformée, pluie de balles ou d’yeux… Il y a presque quelque chose des installations d’Annette Messager dans ce jeu d’objets habités. Sur scène, un performeur (Wietse Tanghe ou Christian Bakalov) compose une réalité avec ses étranges compagnons singuliers. Pièce sur la fragilité d’être au monde, dans un univers aussi grand qu’incompréhensible, Big Bears Cry Too accueille et apprivoise la part d’incongru. Sans chercher à la réduire.

Big Bears Cry Too de Miet Warlop : une performance jeune public stimulante

Les objets, sur scène, volent littéralement. Certains parlent même. Drôles de marionnettes pour un marionnettiste qui s’amuse à se faire un peu peur. Seul avec les publics et sa tribu de personnages bizarres, il dévoile un peu de la fragilité ressentie face au monde. Même pour les gros ours ; même pour les adultes. Mais l’humour et la tendresse sont là pour souder les liens. En réalité, les objets ne parlent pas vraiment. Mais ils rient, ils peuvent même crier d’étonnement, partir en courant, revenir. Dans un langage fait d’expressions et de mouvements. Alternant les déguisements, le performeur dessine une géographie proche du mime. Pour des paysages émotionnels atypiques, mais capables de se frayer un chemin jusqu’à la compréhension des différents publics. Sur une composition sonore co-créée par Pieter De Meester, Joppe Tanghe, Wietse Tanghe et Miet Warlop.

Un solo expressif et drôle, avec des objets tous plus singuliers les uns que les autres

Artiste belge, avec Big Bears Cry Too Miet Warlop livre une pièce qui ne repose pas sur le langage naturel — néerlandais, allemand, français, anglais… Bien plutôt s’agit-il de se recréer un langage particulier dans un monde singulier. Un monde où les cœurs en plastique sont trop grands, trop gonflés d’air. Où le bonheur prend la forme d’une gigantesque pilule, impossible à avaler. Où les gros ours sont trop, bien trop gentils. Pays des merveilles joyeusement bizarre, Big Bears Cry Too ne cache pas la poussière de la manipulation sous le tapis de l’illusion. Les fils sont visibles, ils pendouillent, et c’est d’autant plus captivant. Joyeux filet de symboles, toutes les interprétations peuvent trouver à s’y légitimer. Si tout est mis en scène, ouvertement, cela n’en laisse que plus d’espace pour l’histoire que chacun pourra se raconter. À retrouver pendant la Biennale de la Danse de Lyon.