DANSE | SPECTACLE

Rencontres Chorégraphiques | The Sea Within

16 Mai - 17 Mai 2018

Chorégraphe de l'intensité et des connexions, Lisbeth Gruwez présente The Sea Within. Une pièce charnelle et océanique pour onze danseuses, portée par l'électro minimaliste de Maarten Van Cauwenberghe. Danse au souffle frissonnant à agité, The Sea Within se propage par ondulation.

Connue pour son énergie fulgurante et ses rythmiques heurtées, avec The Sea Within la chorégraphe Lisbeth Gruwez (Cie Voetvolk) opère une plongée dans le souffle. Pour une pièce conjuguant chaos et osmose, dans une sorte de magma des corps. N’y dansant pas elle-même, Lisbeth Gruwez a confié ce soin à onze danseuses : Ariadna Gironès Mata, Charlotte Petersen, Cherish Menzo, Dani Escarleth Pozo, Francesca Chiodi Latini, Jennifer Dubreuil, Liadain Herriott, Natalia Pieczuro, Sarah Klenes, Sophia Mage, Wei-Wei Lee. Onze femmes très différentes, formant ici une sorte d’unisson liquide, où les gestes se propagent par ondulation. Pour une contagion de mouvements, dévorant les corps sur des sons du compositeur et musicien Maarten Van Cauwenberghe (Cie Voetvolk). Soit une électro minimaliste, en forme de texture acoustique. Et naviguant à vue dans ce paysage charnel, The Sea Within entraine les spectateurs dans une méditation calme à agitée.

The Sea Within de Lisbeth Gruwez (Cie Voetvolk) : un paysage chorégraphique

Les auditeurs de Radio France se souviennent de la météo marine : une bulle d’ailleurs au creux de l’actualité. La pièce chorégraphique The Sea Within [La mer intérieure], éventuellement sous-titrée Thoughts for Meditation [Pensées pour la méditation], se présente elle aussi comme une sorte de bulle. Un moment de tension fébrile où les corps semblent toujours être en contact les uns avec les autres. La chorégraphie et les mouvements s’y transmettent par le toucher, par le souffle. Paysage sensoriel sculpté par la respiration, les danseuses forment un ensemble tour à tour calme, frissonnant, houleux. À l’aune d’une écoute assidue, d’une attention minutieuse aux autres, à ce tout qui forme ainsi un plein volume de danse. Après son Triptyque du corps extatique, composé des pièces It’s going to get worse… (2012), Ah / Ha (2014) et We’re pretty fuckin’ far from okay (2016), Lisbeth Gruwez livre un spectacle où les corps s’emmêlent plus qu’ils ne se percutent.

Une danse charnelle, concentrée sur le souffle et les connexions entre les corps

Pièce féminine, les danseuses y sont qualifiées de fleurs de lotus. Pour autant, la chorégraphe Lisbeth Gruwez n’abandonne pas son rapport intense à la vie. Ici, la flottaison ne se fait pas à la surface d’un étang : les corps plongent, sont submergés, étouffent, reprennent souffle. La foule y embrasse une dynamique fluide, d’où émerge parfois la figure d’une baigneuse, d’une noyée, d’une nageuse. Pour des fleurs de lotus aux racines profondes et mêlées. Entrelacs de corps, de respiration, de mouvement, The Sea Within compose une pièce où le groupe tour à tour porte et noie l’individu. Mais jamais ne l’abandonne. Formant ainsi un flot continu, un flux, une trame sonore et charnelle. Chorégraphe de la connexion et de ses modalités, avec The Sea Within Lisbeth Gruwez livre une pièce où les interactions sont si multiples et prégnantes qu’un seul regard ne permet pas de les embrasser toutes. Comme l’océan.