DANSE | SPECTACLE

Les plateaux 2017, We’re Pretty Fuckin’ Far From Okay

28 Sep - 28 Sep 2017

La Briqueterie présente We're Pretty Fuckin' Far From Okay de Lisbeth Gruwez, un spectacle mettant en scène ces passions humaines primordiales, l’angoisse et la peur, liées aux variations de la respiration.

Lors du festival «Les Plateaux» 2017, la chorégraphe et danseuse belge Lisbeth Gruwez présente We’re Pretty Fuckin’ Far From Okay, un duo créé en 2016, qu’elle interprète avec Nicolas Vladyslav.

We’re Pretty Fuckin’ Far From Okay : passions humaines

Dernier volet d’un triptyque consacré au thème du «corps extatique», We’re Pretty Fuckin’ Far From Okay fait donc suite à It’s going to get worse and worse and worse, my friend, pièce créée en 2012 et, deux ans plus tard, AH/HA. Si le solo It’s going to get worse and worse and worse, my friend prenait pour thème la gestuelle des orateurs fascistes et AH/HA le rire, We’re Pretty Fuckin’ Far From Okay s’attache à disséquer en quelque sorte ces passions humaines essentielles que sont l’angoisse et la peur.

Lisbeth Gruwez n’entend pas ici livrer une simple analyse de celles-ci mais en montrer les manifestations concrètes, c’est-à-dire, physiques. Quel autre moyen d’expression que la danse serait à même d’exprimer ces moments ou angoisse et peur se manifestent, emportant, irrémédiablement parfois, le corps apparemment impuissant ? Et Lisbeth Gruwez de confier, indiquant par-là même son intention : «J’aime partir de ces émotions incontrôlables que je veux tenter de contrôler».

We’re Pretty Fuckin’ Far From Okay : respirer

L’intention ainsi formulée trouve son origine dans l’observation. Le film d’Alfred Hitchcock, Les oiseaux, s’est notamment révélé un document précieux pour observer et comprendre la gestuelle des acteurs face au danger. De même, l’actualité a fourni à Lisbeth Gruwez un matériau déterminant : les mouvements de foule à la suite des attentats terroristes de Paris et Bruxelles. Il importe dans tous ces cas de traduire les réactions spontanées suscitées par le danger, toute la gamme des gestes de protection.

Lisbeth Gruwez peut alors, de manière significative, préciser que «La peur convoque traditionnellement des physionomies traversées de tensions. La qualité de mouvement est ici plutôt liquide, l’air, la respiration maraudant lentement dans chaque partie isolée de l’anatomie». We’re Pretty Fuckin’ Far From Okay privilégie la respiration, laquelle peut moduler l’intensité de la peur éprouvée de sorte que «chaque mouvement est connecté avec une inhalation puis une exhalaison qui influencent divers états de panique, en prenant notamment une partie du t-shirt comme seconde peau se détachant progressivement du corps, tout en y demeurant arrimée».