ART | EXPO

Kollektsia ! Art contemporain en URSS et en Russie. 1950-2000

14 Sep - 27 Mar 2017
Vernissage le 14 Sep 2016

L’exposition «Kollektsia ! Art contemporain en URSS et en Russie. 1950-2000» présentée au Centre Pompidou rassemble plus de deux cent cinquante œuvres soviétiques et russes contemporaines. Quarante ans d’histoire et d’art contemporain sont passés en revue à travers tableaux, sculptures et photographies.

Plus de deux cent cinquante œuvres soviétiques et russes contemporaines sont présentées dans l’exposition «Kollektsia ! Art contemporain en URSS et en Russie. 1950-2000» au Centre Pompidou. Ces tableaux, sculptures et photographies ont été offerts au Musée national d’art moderne par la Vladimir Potanin Foundation, divers collectionneurs, artistes et familles d’artistes. L’ensemble constitue un large panorama des principaux courants ayant marqué l’art contemporain en Union soviétique puis en Russie pendant quarante ans.

Un art né à l’écart des critères officiels

L’exposition parcourt l’art russe de la fin des années 1950 aux années 2000. Elle montre les conditions de naissance de l’art contemporain en URSS, en tant qu’expression à l’écart des critères officiels. Les installations de Francisco Infante-Arana, les tableaux abstraits de Yuri Zlotnikov ou encore ceux de Vladimir Yakovlev forment les premières réalisations de l’avant-garde russe à la fin des années 1950. La politique de «dégel» menée alors par Nikita Khrouchtchev ouvre la porte à des expositions internationales qui inspirent ces artistes.

Le parcours témoigne ensuite de la mise en sommeil pendant les années 1960 des velléités d’expérimentation et de recherche plastique dans l’espace public. En 1962, la salle présentant les œuvres avant-gardistes à l’exposition du Manège à Moscou est interdite par Nikita Khrouchtchev. Cette décision signe le bannissement de toute expression artistique contraire à la doctrine du réalisme socialiste. La peinture anticonformiste de Mikhaïl Roginsky, donnant à voir par des couleurs ternes des paysages vides, et les compositions abstraites de Vladimir Nemukhin témoignent cependant d’un art contemporain toujours vivace.

Les années 1970 sont marquées par l’art conceptuel

Des formes géométriques réalisées par Gerlovina Rimma en carton, papier, bois et tissu peints portent d’intrigantes inscriptions. On peut lire «1 km2 de la Mongolie» sur un cube et «un Mongolien » sur un petit cube sortant du premier, ou encore «cube en forme de tétraèdre» sur un tétraèdre. Un tapuscrit de Dmitri Prigov intitulé Vérsogramme dessine une forme indéfinie avec la phrase «Budem kak dety, budem kak zvery» (Nous aimons les enfants, nous aimons les animaux) inlassablement répétée. Ces pièces sont représentatives de l’art conceptuel qui s’est développé au cours des années 1970. Entre poésie, performance et arts visuels, les œuvres issues de L’École conceptualiste moscovite donnent au langage un rôle central.

Des œuvres d’Alexander Kosolapov, Boris Orlov et Leonid Sokov témoignent du mouvement Sots art qui s’est développé à la même période. Pendant inversé du pop art, le courant utilise les codes de la culture pop pour contredire la propagande idéologique soviétique.

L’art contemporain russe intègre finalement la culture officielle

Des tableaux naïfs de Sergei Bougaev-Afrika, des œuvres de Sergei Anufriev, Yuri Leiderman, Timur Novikov, Pavel Pepperstein, Oleg Kotelnikov et Vladislav Mamyshev-Monroe donnent la mesure du renouveau créatif, favorisé par la perestroïka, qui s’est développé au milieu des années 1980. Les créations sont marquées par la culture underground et l’expérience des squats. Cet art initialement marginal rejoint peu à peu l’art officiel à la fin des années 1980, grâce à la mise en place d’un marché de l’art jusqu’alors inexistant. Cette légitimation ouvre la voie à une génération d’artistes tels qu’Oleg Kulik, Dmitri Gutov et Valery Koshlyakov qui voient l’art contemporain intégrer la culture officielle à partir des années 2000.