ART | EXPO

Fata morgana

19 Mai - 11 Juin 2004

Des artistes qui cherchent à transcender l’environnement qui les entoure. Ils partent d’univers familiers pour y introduire un effet de trouble. Utilisant de nouveaux objets perceptifs ou des effets de dramatisation narrative. Ils interrogent la réalité de nos certitudes visuelles

Marcelline Delbecq, Ilkka Halso, James Hopkins, Rémy Marlot, Joachim Mogarra, Nicolas Moulin, Philippe Ramette
Fata morgana

«Fata morgana» est une expression polysémique renvoyant à l’univers merveilleux des contes celtiques et de la fée Morgane, qui lui a donné son nom. C’est aussi un phénomène de mirage, constaté dans le détroit de Messine où la superposition de couches d’air chaud et froid provoque des visions de château hanté ou enchanté. À l’origine de mythes et légendes et propice à la rêverie, «fata morgana» apparaît comme un champ artistique fertile que l’exposition, à travers la pratique de sept artistes, souhaite interroger.

Prenant comme point de départ le matériau du réel pour ensuite s’en affranchir, certaines pratiques artistiques cherchent à transcender l’environnement qui les entoure. Les artistes créent des compromis entre mimesis et invention, sans pour autant basculer dans la science-fiction ou le surréalisme. Leurs images sont ambiguës, s’inspirant d’une réalité familière et remettant pourtant celle-ci en question: une réalité redécouverte, éclairée sous un nouveau jour.
L’inversion des rapports d’échelle, l’autonomie d’objets sans usage véritable, les effets de mirage contribuent à questionner notre place dans le monde en tant que sujet d’une nature formatée à notre dimension. Parce qu’elles sont à peine décalées de nos perceptions quotidiennes et font appel à nos représentations les plus ordinaires, ces perturbations entraînent un sentiment d’«inquiétante étrangeté», qui nous fait douter de nos repères les plus évidents. Les artistes ici réunis partent d’univers familiers pour y introduire un effet de trouble. Utilisant de nouveaux objets perceptifs (Philippe Ramette, James Hopkins) ou des effets de dramatisation narrative (Joachim Mogarra, Nicolas Moulin, Rémy Marlot), ils interrogent la réalité de nos certitudes visuelles. Les ressorts poétiques employés sont l’écart, la mutation, la manipulation ou le trucage. Comme à l’apparition d’un mirage, l’exposition joue sur une angoisse furtive qui entraîne un vertige factice.
Conçue par les commissaires en adéquation avec l’architecture atypique du crédac, cette exposition souligne les paradoxes du site – de son implantation souterraine, inscrite dans les fondations d’une architecture utopique de Jean Renaudie, en passant par ses dénivelés caractéristiques d’un usage de salles de cinéma jamais exploitées comme telles – et interroge, à l’instar du lieu, l’envers, les recoins, les déperditions du monde contemporain.

Commissaire
Garance Chabert, Awatef Chengal, Stefan Decker, Anne Gregersen, Emmanuelle Levesque, Delphine Poli, Laure Rudelle, Anne Souverbie, Emilie Villez en collaboration avec Claire Le Restif

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Muriel Denet sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

Fata Morgana