ART | EXPO

(d’humeur à lâcher deux trois je t’aime)

03 Déc - 14 Jan 2017
Vernissage le 03 Déc 2016

L’exposition « (d’humeur à lâcher deux trois je t’aime) » présente à la galerie Thomas Bernard, à Paris, des œuvres récentes de Stéphanie Cherpin. Des sculptures produites par le biais d’une machine destinée à la céramique industrielle, qui s’inscrivent dans la continuité d’un travail physique sur la matière.

L’exposition « (d’humeur à lâcher deux trois je t’aime) » à la galerie Thomas Bernard présente de nouvelles sculptures de Stéphanie Cherpin. Des œuvres pour lesquelles la jeune artiste a choisi un processus de création emprunté à la céramique industrielle pour poursuivre son travail au corps à corps avec la matière.

Une démarche où priment la matière et le geste

L’œuvre intitulée Epluche, Enfile fait pendre au mur un assemblage d’armature de tente en métal recouverte de tissu rose, d’un fragment de céramique et de tronçons de mousse polyuréthane peints en rose. Dans celle intitulée BELEK, des tiges métalliques plantées dans un bloc de bois portent à leur extrémité des bouteilles enfilées et des fragments de lattes de store en aluminium. Le bois du socle comme les bouteilles sont recouverts de goudron, plongeant l’ensemble dans une teinte noire qu’éclaircit à peine un peu de peinture bleue.

Les nouvelles créations de Stéphanie Cherpin s’inscrivent dans la continuité d’une démarche où priment la matière et le geste. On y retrouve la logique de récupération de matériaux et d’objets souvent issus d’usines, d’ateliers ou de chantiers, qui sont ensuite appropriés par le biais d’un traitement souvent empreint de violence et d’intensité. Une multitude d’outils peuvent intervenir pour détourner les matériaux, les tordre, les presser, les scier, les casser, les clouer, les assembler…

Des sculptures issues d’un rapport physique et brutal à la matière

Pour ses dernières œuvres, Stéphanie Cherpin a poursuivi sa collaboration avec l’usine de céramique industrielle Ceralep. Utilisant une ancienne machine qui a été remise en état de marche, l’artiste y a injecté des matières premières qui, poussés par un système de presse, ressortent sous forme de cylindres. Ces derniers sont coupés à la mesure du bras de Stéphanie Cherpin. Les formes ainsi produites sont ensuite mises à l’épreuve sur un plan de travail.

Les sculptures ne sont pas émaillées, mais enduites d’une colle qui est habituellement utilisée pour fixer aux bouts des pièces en céramique des tiges métalliques conductrices de courant. Les pièces obtenues ont l’apparence crue et brutale de morceaux de corps, de cadavres de poissons ou de mues étranges…