Morgane Tschiember

Morgane Tschiember

Morgane TSCHIEMBER — née en 1976 à Brest (France). Vit et travaille à Paris (France).

Morgane Tschiember est une artiste contemporaine française dont le travail s’attache à explorer et établir des liens avec la matière. Entre Art Conceptuel, Minimalisme et expérience esthétique, Tschiember cultive les volumes et les formes amples. Gourmandes en espace et luminosité, ses installations sont régulièrement exposées dans des lieux attentifs à ces facteurs (MAC VAL, Galerie Loevenbruck, Crac Languedoc-Roussillon…). Bois (en volume ou planche), aluminium, peinture, béton… Autant de matériaux récurrents dans l’œuvre de Tschiember.

Morgane Tschiember : des sculptures réfléchissantes, défiant toute emprise

Les premières œuvres de Morgane Tschiember auront beaucoup cultivé les deux matières que sont le bois lisse et la feuille d’aluminium. Ainsi que les peintures laquées et le vernis. Pour des œuvres où les couleurs vives, monochromatiques ou déployées en dégradés maîtrisés, agissaient comme autant de « qualités secondes » (subjectives) venant percuter les « qualités premières » (objectives). La série des Pop-Up (2006-2008) reste emblématique à cet égard. Les formes s’y apparentent à des sortes de bonbons glacés ou de magnets plastifiés, agrandis. Et ces lointaines parentés formelles éveillent alors éventuellement, par association, l’envie de saisir. Étoiles, carrés épais ou cercles parfaitement bombés, peints et vernis, Pop-Up proposait des volumes aux lisières des primitives géométriques. Comme une façon d’accentuer la neutralité lisse, pour mieux échapper à toute emprise et renvoyer les spectateurs à leurs propres mécanismes de perceptions. Les faisant ainsi glisser, de sujet à objet de la saisie perceptive.

Installations, physique des matériaux, lumière et porosité des matières

Avec son exposition personnelle au MAC VAL, « Six soleils » (2016-2017), Morgane Tschiember adresse un clin d’œil à Descartes. Le titre fait effectivement référence aux Météores, l’un des ouvrages de la trilogie cartésienne, avec la Géométrie et la Dioptrique. Ce soin, revendiqué, accordé aux notions philosophiques (matière et étendue), aux systèmes et théories de la connaissance, fait partie de l’œuvre de Tschiember. Au fil de son œuvre, le lisse a cependant ouvert une brèche pour laisser s’engouffrer des matériaux plus bruts. Béton, carton, tiges métalliques, céramiques poreuses, briques, mais aussi verre et sables… Le rapport à la lumière spatialisée, aux propriétés optiques (et ondulatoires) des matériaux, semble ainsi continuer de prendre une place prépondérante dans les recherches de Morgane Tschiember. Mais le spéculaire se nuance de degrés de porosité. Avec « Six Soleil », exposition immersive, Tchiember continue d’explorer les articulations entre sujet et objet de l’expérience esthétique.