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Biennale d’art contemporain de Rennes. Valeurs Croisées

16 Mai - 20 Juil 2008

Dans le cadre de la biennale d’art contemporain de Rennes, l’exposition «Valeurs croisées» rassemble les œuvres de plus de soixante artistes français et étrangers qui traitent de la position du sujet face au travail compris comme processus de création de valeur.

Alain Bublex, Ania Martchenko, Boris Achour, Damien Beguet, Alain Bernardini, Samuel Bianchini, Collectif 1.0.3, Courants faibles, Nicolas Floc’h, Nadia Lichtig, Mathieu Mercier, Marie Reinert,  Kristina Solomoukha, Claudia Triozzi, Work on Stage, Adel Abdessemed, Accès Local, Ghada Amer, Igor Antic, Istvan Balogh, Jean-Marc Chapoulie, Jean-Louis Chapuis, Gilles Touyard, Chieh-Jen Chen, Claude Closky, Hans Peter Feldmann, Daniel Firman, Claire Fontaine, Julie C. Fortier, Claire Fouquet, Eric Hattan, Pierre Huyghe, Olga Kisseleva, Martin Le Chevallier, Gilles Mahé,  Jean-Luc Moulène, Mud office, Régis Perray, Jean-François Pinot, Michelangelo Pistoletto, Romain Poussin, Julien Prévieux, Pascal Rivet, Simon Starling, Jean-Luc Vilmouth, Marie Voignier, Carey Young
Biennale d’art contemporain de Rennes. Valeurs Croisée
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La vie culturelle rennaise s’enrichit d’un important rendez-vous avec la création artistique : une biennale d’art contemporain placée sous le signe de la relation entre l’art et l’entreprise. La première édition, intitulée «Valeurs croisées», conçue et réalisée par l’association Art to be, s’intéresse à la création de valeur : problématique commune à l’activité de production de l’artiste et à l’activité de production au sein de l’entreprise.

La manifestation se déroule en deux phases. La première est constituée de résidences d’artistes en entreprise ou « Sources » (Séjours de Recherche et de Création en Entreprise) de novembre 2007 à avril 2008. Ces séjours de cinq semaines sur une période de six mois, ont permis à une quinzaine d’artistes d’élaborer un projet en s’intéressant à une problématique de l’entreprise d’accueil, dans un dialogue avec les salariés. Pour l’entreprise, la rencontre avec l’artiste amène la possibilité d’exercer un nouveau regard sur son activité.

De ces expériences où artistes, salariés et dirigeants découvrent des manières inhabituelles de travailler et de produire, naissent des propositions artistiques diverses et originales : des intérimaires de tous métiers participant à la médiation culturelle de la manifestation, une campagne de communication sur la mise à l’eau d’un filet de pêche ayant la forme et la taille de la Tour Eiffel, une nouvelle recette de crêpes, un « laboratoire de gestuelles » des salariés…

Dans un second temps, l’exposition «Valeurs croisées» rassemble les œuvres de plus de soixante artistes français et étrangers qui traitent de la position du sujet face au travail compris comme processus de création de valeur. Les productions issues des Sources, ainsi que des œuvres spécifiquement réalisées pour la manifestation, des commandes publiques et des ouvres prêtées par des collections publiques et privées sont présentées dans le Couvent des Jacobins et dans la plupart des structures culturelles de la ville: La Criée centre d’art contemporain, le Musée des beaux-arts de Rennes, l’Ecole Régionale des Beaux-Arts, le Centre Culturel Colombier, Le Grand Cordel, Le Triangle et l’Université Rennes 2 – Haute Bretagne.

L’angle adopté est celui d’un regard croisé entre, d’une part, le sujet artiste participant à l’économie réelle et symbolique de l’art, et d’autre part, le sujet travaillant au sein d’une organisation inscrite dans le système économique général (salarié d’entreprise, entrepreneur). À travers différents prismes (l’artiste considérant sa propre production, ou réagissant aux modes de production industrielle, le salarié artiste, l’artiste salarié, l’artiste entrepreneur, etc.), «Valeurs croisées» interroge les paramètres de la création de valeur, tant économique que sociale ou symbolique, mis en jeu dans l’acte de production.

Parmi les artistes retenus, certains s’intéressent aux fondamentaux du travail ou du non-travail. Jean-Luc Vilmouth interroge l’essence même de la technique en dérobant l’outil initial de l’homme, le marteau, à sa propre utilité. Claude Closky mène l’impossible tentative d’épuisement des probabilités du loto, et souligne l’absurdité de l’effort pour gagner le droit de ne plus
travailler.

D’autres prennent position par rapport à un ordre donné, qui serait la subordination à un impératif de labeur. Adel Abdessemed pose sa démission, impossible en tant qu’artiste, cet acte même faisant œuvre et Julien Prévieux motive son refus de rentrer dans les nomenclatures de l’emploi.

Jean-Luc Moulène, Charles Mazé ou encore Simon Starling réinterprètent les processus et les résultats de la production industrielle. Qu’il s’agisse pour le premier, de la modification d’un process de fabrication pour laisser naître un objet devenu œuvre, se distinguant des produits destinés à la consommation; que ce soit pour le second par la relecture systématique, à l’aide d’un robot erratique, des données de vie d’une entreprise, ou pour le dernier, de la reproduction de deux objets industriels différents, résultant chacun du recyclage des matériaux de l’autre.
Jean-Marc Chapoulie, le collectif Au travail/At work ou Ludovic Burel & Noëlle Pujol explorent des formes de production de soi au travail, soit par la mise en scène de ses propres gestes, soit par la pratique de la « perruque », c’est-à-dire le détournement des moyens de production de l’entreprise à des fins artistiques ou subversives.

Une refonte de l’économie de l’acte de création, artistique ou non, préside à l’œuvre de Robert Filliou, qui prône une économie poétique où l’homme entretiendrait un rapport ludique avec ses productions. Et la proposition de Mud office d’un bureau comme « organisation organique » pour le travail et le loisir, ouvre la possibilité d’une transformation responsable à travers l’art.
Enfin, un regard est porté sur le monde de l’entreprise, ses acteurs, ses logiques, ses excès et ses dynamiques créatrices, par des artistes aussi divers que Jean-Charles Massera, Alain Bernardini, Delphine Doukhan, Harun Farocki, Raphaël Grisey ou encore Carey Young.

Lieux associés à la Biennale

> Couvent des Jacobins
> La Criée centre d’art contemporain
> Le Musée des beaux-arts de Rennes
> L’Ecole Régionale des Beaux-Arts
> Le Centre Culturel Colombier
> Le Grand Cordel
> Le Triangle
> L’Université Rennes 2 – Haute Bretagne

critique

Biennale d’Art contemporain. Valeurs croisées

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