ART | EXPO

Zones troubles et tremblements

07 Sep - 19 Oct 2013
Vernissage le 06 Sep 2013

Guillaume Lemarchal présente un ensemble de photos dédiées au biotope. Chacune transcrit un lieu qui — malgré une nature imposante — porte les traces d’une présence humaine: la zone interdite de Tchernobyl, une île militaire Taïwanaise, les vestiges de la mer d’Aral en Ouzbékistan, la frontière Turco-Arménienne, et la Russie extrême-orientale.

Guillaume Lemarchal
Zones troubles et tremblements

«Avec la lumière comme matière de prédilection et le paysage comme objet, mon travail tend à exprimer une certaine tension entre l’homme, son histoire et son ancrage temporel.»

Dans «Zones troubles et tremblements», Guillaume Lemarchal appréhende les architectures, figures indicielles d’une implantation sociale passée, par leurs qualités sculpturales. Par des choix de plans, de champs, ou encore de lumière, le territoire photographié n’importe plus comme témoignage précis de l’Histoire. Se dégageant de toute volonté esthétisante ou documentaire, Guillaume Lemarchal représente une nouvelle réalité, un nouveau paysage esthétique et réflexif.

«Lieux de dépôt d’histoire, ces paysages nous racontent et tendent à dire notre manière d’être au monde, en pointant les stigmates générés par les manifestations de certains pouvoirs politiques, économiques ou militaires. Si dans la majorité des œuvres présentées nous pouvons voir un côté politique, avec des photographies composées sur des sites profondément bouleversés par la présence militaire, ou d’autres encore tendant à saisir l’insaisissable sur le lieu d’une catastrophe nucléaire, certaines pièces proposent une lecture plus apaisée, où une autre temporalité s’exprime, celle de la nature, qui par recouvrement ou renouvellement montre sa capacité de résistance. Peut-être pouvons-nous voir poindre alors l’espoir d’un rapport au monde plus serein, et des tentatives d’apaisement.»
Guillaume Lemarchal

Guillaume Lemarchal pratique le doute, l’ambiguïté photographique de clichés argentiques jamais retouchés. Ses paysages forment des constructions à la fois subjectives et distanciées, plus narratives que factuelles. Sous des premiers aspects très esthétiques, ces prises de vues amènent le public vers divers niveaux de lectures, sans pathos ni grandiloquence, l’évidence du trouble.