DESIGN | EXPO

Le Mobilier d’architectes, 1960-2020

29 Mai - 30 Sep 2019
Vernissage le 28 Mai 2019

Exposition thématique, "Le Mobilier d'architectes, 1960-2020" questionne la spécificité des pièces de design, lorsqu'elles sont conçues par des architectes. Soit une exploration de la diversité des approches, avec près de deux-cent-cinquante pièces de cent-vingt architectes internationaux.

Tandis que le Bauhaus fête son centenaire, la Cité de l’Architecture et du Patrimoine présente l’exposition « Le Mobilier d’architectes, 1960-2020 ». Quel rapport ? Si le Bauhaus n’est pas le premier moment architectural à avoir pensé ensemble immobilier et mobilier, c’en est peut-être le plus emblématique. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, en France, une fraction de la Modernité a poursuivi dans cette lignée (Charlotte Perriand, Le Corbusier…). Mais comme cas particulier dans un paysage plutôt marqué par la division entre architecture, aménagement d’intérieur et design. Contrairement aux tendances italienne (groupe Memphis) et scandinave (Florence Knoll). Exposition interrogative, « Le Mobilier d’architectes, 1960-2020 » prend acte de cette spécialisation et pose à son tour la question des spécificités. À l’heure où le mobilier est, de façon générale, produit soit par des designers de métier, soit par des artisans d’art, quid du mobilier produit par des architectes ?

« Le Mobilier d’architectes, 1960-2020 », à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine

Avec près de deux-cent-cinquante pièces de cent-vingt architectes différents, l’exposition « Le Mobilier d’architectes, 1960-2020 » offre différentes réponses. Au gré d’un parcours thématique (sous le commissariat principal de Lionel Blaisse), structuré en sept figures distinctes. À savoir « L’héritier de la tradition » ; « Le designer professionnel » ; « L’éditeur de design » ; « L’engagé » ; « Le passionné de design » ; « Le designer occasionnel » ; « Le chercheur ». À ces sept figures s’adjoignent le cas du « mobilier ‘signature’ », ainsi que deux singularités : celles du Brésil et du Japon. Pour les héritiers de la tradition (Shigeru Ban, Odile Decq…), l’exposition souligne la continuité. Celle qui, depuis près de deux siècles, pousse les commanditaires à privilégier la cohérence entre immobilier et mobilier. Avec la figure du designer professionnel (Humberto & Fernando Campana, Oki Sato – Nendo…) se profilent les architectes spécialisés dans le design d’objets.

Un parcours thématique pour explorer les spécificités du design d’architectes

La partie des éditeurs de mobilier met en lumière ces groupes et personnalités (Alessi, Memphis, Knoll, Vitra, Sawaya & Moroni…) qui ont façonné le paysage contemporain. En éditant leurs œuvres et celles de leurs pairs. La figure de l’engagé (Archizoom Associati, Alessandro Mendini…) met plutôt l’accent sur le contrepied de la modernité minimaliste et rationalisée, avec des approches plus pop et / ou contestataires. Dans cette même veine, la partie consacrée aux passionnés de design (Ron Arad, Franck Gehry…) explore une frange qui flirte même avec l’autodidactisme. Là où les apports d’autres disciplines engendrent des réponses différentes. À l’opposé, les designers occasionnels (Herzog & de Meuron, Isabelle Serre…) se distinguent par une ou deux pièces de maître, laissées sans suite – dans le domaine du design. Quant aux chercheurs (Sophie Dries, Julia Von Sponeck, Zaha Hadid…), ils partent à l’assaut de nouvelles opportunités. En termes de matières, structures, lumières, technologies…

Près de deux-cents-cinquante pièces de cent-vingt architectes internationaux

À côté de ces sept figures possibles de l’architecte en designer, se déploie également la question de la commande. Avec du mobilier « signature » ; soient des pièces sur mesure commandées à de grands noms. Tel l’étonnant fauteuil pour le ministère de la Culture (1990) de Sylvain Dubuisson. Enfin, l’exposition « Le Mobilier d’architectes, 1960-2020 » se penche sur deux cas remarquables : la singularité des métissages artistiques brésiliens, d’Oscar Niemeyer aux frères Humberto & Fernando Campana. Et l’exception japonaise (Tadao Ando, Kengo Kuma, Shigeru Ban…), avec son fort pouvoir de fascination sur la société occidentale. En somme, l’exposition réunit deux-cent-cinquante pièces exceptionnelles de design, au sein d’un parcours éclairant et structuré.