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Yona Friedman

PLaura Houeix
@16 Fév 2009

Rouleaux de papier WC, cartons ou fils électriques, les architectures de Yona Friedman se composent de peu de choses. Un art de la ville utopiste et expérimental qui donne à voir une autre dimension de l’espace, une autre idée de la société. 

Surprenants petits microcosmes, grouillants de matériaux bruts enchevêtrés, disposés en strates, les assemblages de Yona Friedman, du sol au plafond, sont un espace dans l’espace.

Partout, tout peut se construire, et même si ces architectures composites n’ont rien de fonctionnel, elles interrogent le vide, la place et tous ces lieux qui peuvent ou pourraient être annexés. Les œuvres dépassent d’ailleurs le cadre de la galerie, avec ce grillage métallique qui débute sur le plafond de la salle d’exposition pour continuer de proliférer sur le toit et que l’on découvre en arpentant un échafaudage placé dans la galerie.

Les différentes plate-forme suspendues mettent en scène des éléments bruts, savamment disposés, qui, bien que d’une apparente logique, ne construisent qu’une forme abstraite et inutilisable.
Ces structures pré-fabriquées s’attachent bien moins à un style imposé, bien loin de l’architecture «fonctionnelle». Elles sont autant d’expérimentations de formes construites dans l’espace, damier, labyrinthes, domino, bric-à-brac de fils électriques.

Dans cette esthétique dénudée s’esquisse une réflexion sur la place de l’Homme dans son environnement, une véritable philosophie à travers un questionnement principal : la dimension spatiale qui nous détermine et nous fait exister.

Dans le Tube de la galerie Kamel Mennour, un film d’animation éclaire ce propos de l’Homme dans son environnement.
Les dessins simplistes, la voix singulière de Yona Friedman donne à ce propos complexe une accessibilité immédiate. Des notions abstraites sont traitées à travers ce dessin animé quasi «shadockien», partant du point de vue d’un chien.
Ainsi Yona Friedman éclaire par là-même son travail d’architecte utopiste «nous ne pouvons pas nous construire une image qui ne soit pas la somme des détails» explique-t-il.

Au regard des différentes œuvres présentées au premier étage de la galerie, cette phrase prend forme, et c’est là tout l’art de Yona Friedman, rendre visible les notions les plus abstraites.
 

Vue de l’exposition Autour de la ville spatiale : 1957-1975, Kamel Mennour, Paris
Vue de l’exposition Autour de la ville spatiale : 1957-1975, Kamel Mennour, Paris
Vue de l’exposition Autour de la ville spatiale : 1957-1975, Kamel Mennour, Paris
Etude Saint Mandé, Photomontage, 1959. C-Prints marouflés sur bois. 2 x 347 x 105 cm

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