ART | EXPO

World of interiors

13 Mai - 18 Sep 2016
Vernissage le 12 Mai 2016

L’exposition «World of interiors» présente les peintures et les sculptures hybrides de l’artiste américain Nate Lowman. Un remix de l’imagerie contemporaine entre sujets d’actualité, références culturelles, détritus de la culture pop et langage quotidien qui témoigne des travers de la société américaine.

Nate Lowman
World of interiors

Quelques peintures rappellent l’impression en xérographie, procédé d’impression utilisé principalement pour la photocopie. L’une d’elle laisse deviner un plafond auquel est accroché un ventilateur, l’autre reprend la forme de l’arbre magique assainisseur d’air accroché au rétroviseur des voitures. Marilynstein montre une jeune femme lançant un baiser aguicheur à l’objectif devant une boule de glace aussi blonde que sa chevelure. Plus loin, une grande toile abstraite, Dirty Work rassemble des composants surprenants: fil dentaire, autocollants, mégots de cigarette, sucre, à l’image des autres œuvres parsemées de poussière, de  résine et de ciment.

L’ensemble des œuvres présentées dans «World of interiors» ont été conçues spécialement pour l’exposition. Des œuvres pensées en réponse à l’architecture du bâtiment rénové du FRAC Champagne-Ardenne et qui font également écho à l’atelier de l’artiste à Tribeca jouant ainsi du rapport entre intérieur et extérieur.

Les œuvres mêlent sans hiérarchie les références de la culture populaire et de la culture savante avec un corpus d’images et d’objets parmi les plus banals de la vie quotidienne (mégots de cigarette, poussière…). Les visages souriants des smileys informatiques côtoient les motifs des arbres magiques assainisseurs d’air et les icônes de la blonde épouse d’O.J. Simpson, celles de Jim Morrisson ou Che Guevara. Mélancoliques et pessimistes, les œuvres plutôt violentes explorent avec ironie et un certain humour noir la violence et la décadence de la culture américaine. Témoignage de l’absurdité d’une société où les médias mélangent sans transition les différents niveaux d’information passant du reportage de guerre au potin people et à  la publicité.

On pense à Warhol et Marcel Duchamp, au  principe de réappropriation et de recyclage mais Nate Lowman va plus loin, il cherche à raconter une histoire. Pas de structure narrative unique, dans les compositions, aucune image ne prend le pas sur une autre. Le récit est créé par la relation entre les éléments sortis de leur contexte, placés à côté d’images qui elle mêmes sont tirées d’autres histoires. Le remix devient alors un réceptacle de pulsions narratives, un story-board original qui crée sa propre histoire, profondément ancrée dans la réalité.