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Winter birds for Peter’s Throne

24 Avr - 17 Mai 2014
Vernissage le 24 Avr 2014

Cette série de portraits réalisés lors de fêtes villageoises nous invite à un voyage intemporel, entre tradition picturale, héritage ancestral et esquisse d’un avenir incertain. La richesse et le soin apportés à la confection de chaque costume contrastent avec le dépouillement de la composition adopté par la jeune photographe berlinoise.

Iwajla Klinke
Winter birds for Peter’s Throne

Iwajla Klinke photographie ses sujets lors de fêtes villageoises en Hongrie, Autriche, Sicile, Allemagne, Brésil. De trois quarts ou de face, en plan moyen, américain ou rapproché. Ce ne sont que des enfants ou de jeunes adultes en costumes traditionnels. L’artiste semble créer une sorte de rituel pour la prise de vue, comme un écho aux cérémonials des premiers portraitistes du siècle dernier: les enfants sont photographiés à la lumière du jour, pâle et tamisée sur un fond de tissu noir que l’artiste emporte toujours avec elle.

Austérité du décor et douceur de la lumière sont des éléments essentiels à sa composition photographique. Les visages des enfants évoquent les contes de Grimm et les toiles de Chardin, sans expression de joie ou de tristesse, accentuant par ce peu d’expressivité l’intemporalité des prises de vues. Le travail d’Iwajla Klinke n’est pas celui d’une anthropologue cherchant à capturer avec une objectivité scientifique des costumes. La portée de son œuvre va au-delà de dates ou de lieux précis.

Ces enfants semblent accepter avec sérénité et beaucoup de dignité de porter ces vêtements, qu’accompagnent des défilés voire des rituels ancestraux, témoignant d’un phénomène de réaffirmation des spécificités identitaires de chaque région.

La richesse et le soin apportés à la confection de chaque costume contrastent avec le dépouillement de la composition. La découverte des photographies se fait en plusieurs temps, l’approche parcellaire devenant nécessaire, pour apprécier la diversité des détails. Il s’agit également pour le spectateur d’apercevoir ce qui se cache derrière les masques, réels ou métaphoriques. Des masques qui dissimulent les sujets en même temps qu’ils les révèlent.

Le secret de cette œuvre exceptionnelle et expérimentale s’explique peut-être par la grande liberté d’expression qu’Iwajla Klinke laisse à ses modèles. On sent le respect et l’humilité avec lesquelles la photographe aborde ses sujets. Cette distance permet au spectateur d’effectuer une sorte de voyage intemporel, entre tradition picturale, héritage ancestral et esquisse d’un avenir incertain.