ART | EXPO

Were all stars to disappear or die…

18 Nov - 07 Jan 2012
Vernissage le 18 Nov 2011

«Si toutes les étoiles venaient à disparaître ou à mourir, je devrais apprendre à regarder un ciel vide et à trouver son obscurité totale sublime»: cette phrase a inspiré le peintre abstrait américain Ad Reinhardt. Elle sert de fil conducteur à cette exposition collective, consacrée à différentes approches conceptuelles de l'art abstrait.

Nina Beier, Étienne Chambaud, Peggy Franck, Alex Hubbard, Pamela Rosenkranz, Ryan Sullivan
Were all stars to disappear or die…

«Were all stars to disappear or die I should learn to look at an empty sky and feel its total dark sublime» est une phrase tirée du poème The More Loving One (1957) de Wystan Hugh Auden, que le peintre abstrait et théoricien Ad Reinhardt (1913-1967) a retenue pour exprimer sa démarche artistique, notamment dans son iconique série de monochromes noirs, Ultimate Paintings.

S’inspirant de cette phrase et de sa postérité, «Were all stars to disappear or die…» est le premier volet d’une exposition en deux parties, qui présente différentes approches conceptuelles de l’art abstrait.

L’Hollandaise Peggy Franck crée des installations in situ à partir de peintures et de matériaux tels que du plexiglas, des plaques de cuivre ou du papier. Drawing for a store of thought (2011) est constitué de différents supports accueillant des formes colorées et abstraites. La bidimensionnalité traditionnelle de la peinture est ainsi transformée en un environnement que le regard et le corps appréhendent de concert.

L’œuvre de la Suisse Pamela Rosenkranz interroge les relations entre l’art et la vie développées par les avant-gardes au long du XXe siècle. Avoid Contact (Healthy Flesh) (2011) fait partie d’une série d’œuvres réalisées à partir d’élasthanne, un tissu synthétique communément utilisé pour les vêtements de sport.
Épinglé au mur, ce matériau recouvert par des formes proches des Anthropométries d’Yves Klein, invoque ainsi également une intervention humaine passée.

L’Américain Ryan Sullivan réalise, quant à lui, des toiles de grande taille à partir de l’observation d’exemples quotidiens d’abstraction (les traces de pluie sur une fenêtre de voiture, le réseau de veines dans un bloc de marbre) et de l’étude du comportement des matériaux. Ses diptyques portent dans leur titre les dates de commencement et de fin du processus de création, leur adjoignant ainsi une qualité temporelle et performative.

L’artiste américain Alex Hubbard aborde la performance au travers d’une approche ouverte aux arts visuels (peinture, sculpture, vidéo). Parmi ses nombreuses performances filmées, Make Your Movie rend synchrones le processus de création, l’œuvre et l’enregistrement. Tout en révélant la vie sourde des choses, leur énergie cachée, Alex Hubbard identifie la place de l’artiste par la définition de son champ d’action.

Étienne Chambaud mène une réflexion exigeante sur la nature de l’œuvre d’art, sur les relations qu’elle entretient avec d’autres œuvres et ainsi d’autres artistes, sur les contextes et raisons de l’apparition des objets, sur la manière dont on les utilise et les charge de sens ou d’un récit particulier. Réalisée en collaboration avec Nina Beier, les différents certificats constituent le programme d’une œuvre à venir. Leur valeur de contrat, les liant tous deux au collectionneur acquérant l’œuvre future, double sur le plan juridique l’accord symbolique consacrant un objet en œuvre d’art.