ART | EXPO

Welcome to my world!

07 Avr - 20 Mai 2012
Vernissage le 06 Avr 2012

Salué par le monde de l'art contemporain, les dessins de Daniel Johnston décrivent un univers tourmenté où le Bien livre un combat sans pitié contre le Mal. La principale victime collatérale de cette lutte étant Daniel lui-même, à travers ses autoportraits particulièrement poignants.

Daniel Johnston
Welcome to my world!

Artiste culte de la scène alternative américaine Daniel Johnston est né en 1961 à Sacramento, il vit et travaille aujourd’hui au Texas. Soutenu par Sonic Youth, Larry Clark, David Bowie ou encore Matt Groening, il est avec ses incroyables mélodies et son sens de l’interprétation parfois rudimentaire considéré comme le père putatif de l’Anti-Folk; un mouvement qui fait son apparition à New York au milieu des années 80, puisant ses racines aussi bien dans le punk, le rock garage que le folk traditionnel américain.

Malgré son passage en école d’art et une évidente maîtrise du piano, Daniel Johnston reste souvent catalogué artiste brut version pop music en raison des sérieux troubles psychologiques qui ont perturbé son parcours créatif dès l’adolescence. Adepte du Do it Yourself, il enregistre ses premières chansons au tout début des années 80 sur des cassettes qu’il distribue ensuite dans la rue. Les désormais classiques «Songs of pain», «Hi How are you?» et «Yip Jump Music» paraîtront à l’origine sur ce format. Daniel compose et dessine à ce moment-là depuis quelques années, notamment pour impressionner Laurie, un coup de foudre à sens unique qui l’obsède depuis le lycée et qui est encore aujourd’hui une inépuisable source d’inspiration, au coté des Beatles, Brian Wilson ou Jack Kirby.

Plusieurs apparitions sur MTV et le patronage intensif de Kurt Cobain vont permettre à Daniel Johnston de passer des enregistrements lo-fi de ses débuts à des albums plus élaborés à l’instar de «Fun» (1994), «Rejected Unknown» (1999) ou «Fear Yourself» (2002). La double compilation «Discovered / Covered» (2004) qui rassemble les versions originales de ses standards couplées à des reprises par Beck, Tom Waits ou encore Mercury Rev, et la sortie cinéma du documentaire de Jeff Feuerzeig The Devil and Daniel Johnston primé au Festival de Sundance en 2005, ont par la suite largement contribué à élargir son public.

Saluée par le monde de l’art contemporain avec de nombreuses expositions en galerie et une participation remarquée à la Biennale du Whitney Musem de New York en 2006, la production graphique de Daniel Johnston est particulièrement foisonnante. Ses dessins — généralement réalisés de façon compulsive au feutre et au stylo bille — décrivent d’hallucinantes saynètes aux compositions implacables. Sur le papier, les héros des comics favoris du jeune Daniel (Captain America, Hulk, Casper le fantôme…) reviennent livrer une lutte sans pitié contre les forces du Mal.

Ils sont généralement secondés dans cette tâche par Jeremiah the Frog et Joe le boxeur trépané, deux de ses principaux alter-ego, qui renvoient régulièrement dans leurs cordes Satan en personne, des hordes de freaks nostalgiques de la croix gammée et de plantureuses tentatrices décidées à les éloigner du droit chemin. Cette mythologie clairement manichéenne, associant de façon obsessionnelle références chrétiennes, historiques et culture pop, prolonge les thèmes intimement liés à la vie du chanteur. Elle ouvre par ailleurs d’autres pistes en évoquant la schizophrénie d’un american way of life que Daniel Johnston semble observer en éternel outsider.

Conçue en étroite collaboration avec Daniel Johnston, ses proches et la galerie nomade Arts Factory, l’exposition «Welcome to my world!» présente plus de 200 pièces en provenance de différentes collections : dessins originaux, carnets de croquis, documents d’archives, fan mail … Cet ensemble inédit revient sur une Å“uvre couvrant désormais trois décennies, et propose en contrepoint une véritable immersion dans l’univers de l’artiste via l’exploration de son immense catalogue musical — environ 500 titres enregistrés à ce jour — la diffusion de documentaires, courts métrages et concerts filmés. Enfin, cet hommage ne serait pas tout à fait complet sans la venue de notre héros, qui a confirmé sa présence à l’occasion du vernissage de l’exposition le 6 avril et gratifiera le public Nantais d’un rare concert lors d’une soirée spéciale le lendemain… Yip ! Yip ! Yip !

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