ART | EXPO

We Get Lighter And Lighter épisode 2 par Benjamin Fely et Francis Mary

22 Fév - 13 Avr 2014
Vernissage le 22 Fév 2014

L’exposition met en dialogue et articule les éditions small noise (1999-2003) et keymouse avec les collections du Cneai. Dans ce cadre, Janine Berder propose de ravauder vos vêtements. L’artiste Christophe Terlinden, lui, sculpte la peau d’orange à l’occasion d’un dîner chez le futur acquéreur de ses œuvres.

Janine Berder, Christophe Terlinden
We Get Lighter And Lighter épisode 2 par Benjamin Fely et Francis Mary

L’édition de la sculpture «couple peau d’orange» de Christophe Terlinden fait l’objet pour son acquisition d’un protocole d’échange basé sur le troc. L’acquéreur invite l’artiste à dîner et achète deux oranges. Au dessert l’artiste pèle et sculpte les peaux d’orange, un homme et une femme qui entrent pour l’acquéreur dans le cycle inévitable du temps qui passe.
Inscription: info@keymouse.eu

Janine Berder propose de ravauder sept vêtements troués, élimés, mités, percés, filés, démaillés pendant sa résidence au Cneai.
Si vous êtes intéressé, apportez votre vêtement au Cneai sur l’Île des impressionnistes à Chatou avant le lundi 10 mars.
Chaque vêtement ravaudé est justifié en tant qu’édition cneai =/keymouse/Janine Berder par une étiquette.
Les vêtements sont ensuite restitués à leur propriétaire moyennant 100 euros.
Les sept exemplaires sont intégrés à l’exposition «We get lighter and lighter» et présentés lors du Festival Island le week-end du 5 et 6 avril.

«Ravaudage:
Enfants, nous rions des trous aux chaussettes d’autrui, lors des fétides déshabillages dans les vestiaires des salles de sport. Nous, à la maison, nous avions grand-mère dans son fauteuil d’osier, au clair de la baie vitrée, qui, munie de sa boîte à ouvrage, reprisait consciencieusement nos «patates » avec son œuf. Alors nous ne jetions pas aux orties la socquette percée ou le bas filé. Ce goût ancestral, transmis par ma génitrice également adepte de l’enfilage du chas, s’est ancré chez moi adolescente à travers le canevas, ses coupes de fruits, biches au bois, coqs de Lurçat, qui, de fil en aiguille, m’ont conduite plus tard au tissage à cartons, puis à la tapisserie d’Aubusson. Rapiécer fut aussi de mes activités de post-soixante-huitarde anticonsumériste, quand il était de bon ton, si tendance, de coudre des tissus usagés, de préférence fleuris, à des vestes ou pantalons neufs, dilettantisme d’années glorieuses. A présent, près de la fenêtre, bésicles au nez et dé au doigt, à mon tour, je couds, bouche trous de mite et démaillages, répare les usures et affronts du temps. Les mots sont riches de cette pratique — loisir et plaisir — de petite main qui croise et entrelace, rapetassant, rafistolant, raccommodant… mais le terme de ravaudage est celui qui m’agrée le mieux pour son relent d’un autre monde, son côté obsolète, vieux jeu, comme je le suis moi-même, incapable de pousser aux rebuts le gilet décati, le corsage décadent, indécent qui, toujours seyant et séduisant, épouse si bien l’épaule, l’aisselle, la taille, étoffe irremplaçable, que la patience d’une aiguille et d’un fil couleur refait, comme neuve.» (Janine Berder)