DANSE | SPECTACLE

Festival d’Avignon | Autobiography

18 Juil - 23 Juil 2019

Quand Wayne McGregor propose son Autobiography, c'est sous une forme conjuguant danse contemporaine et génétique. Soit une chorégraphie s'appuyant sur le séquençage de son propre génome pour l'ordre des séquences dansées. Jamais tout à fait le même ; jamais tout à fait différent.

Chorégraphe britannique plus que prolixe, Wayne McGregor (né en 1970) a des centaines de créations à son actif. Virtuose touche-à-tout, rien de ce qui relève du spectacle vivant ne lui est complètement étranger. De la danse au clip en passant par le cinéma et le théâtre : l’influence de Wayne McGregor sur la scène internationale est difficile à éluder. Et c’est peut-être ce qui rend sa pièce Autobiography (2017) si intrigante. Comme à l’accoutumée, avec Autobiography Wayne McGregor présente le fruit d’un vaste travail d’équipe. Une création capable de réunir danseurs (de sa compagnie), musiciens électroniques, artistes et architecte logiciel, notamment. Car si l’autobiographie chorégraphique de Wayne McGregor se danse à dix, c’est en s’articulant autour de son propre génome. Basée sur son séquençage génétique, la pièce se fait portrait par combinatoire. Avec notamment vingt-trois modules chorégraphiques se redéployant de façon unique à chaque performance.

Autobiography de Wayne McGregor : une pièce sensorielle, entre forme et immatériel

Chorégraphe adepte des mélanges, avec Autobiography Wayne McGregor livre une pièce où le ballet contemporain se conjugue harmonieusement à des influences plus hip-hop. Et ce, sur des sonorités composées par Jlin ; une musicienne américaine oscillant entre électro et footwork. Et sur une scène dépouillée, séquencée par des séries de néons, la pièce transforme l’espace de représentation en expérience sensorielle. Avec des structures lumineuses géométriques et mobiles, comme une grille minimaliste oscillant de bas en haut, à la rencontre des danseurs. Tandis que l’atmosphère un peu enfumée, avec ces jeux de séquençage lumineux, n’est pas sans évoquer les sculptures immatérielles de l’artiste britannique Anthony McCall. Aspirant à créer une pièce live et en temps réel, avec dix danseurs de sa compagnie, Wayne McGregor a conçu une pièce combinant les dynamiques. Avec des interprètes souples et mobiles, pris dans un structure géométrique à la rigueur quasi-cristalline.

Un seul génome pour quantité de pièces différentes : les combinatoires

Jeu chorégraphique illustrant l’ambivalence d’un ADN à la fois souple et déterministe ; à la fois fortement structuré et capable de muter, Autobiography joue sur les mots. En donnant à la structure du vivant (bios en grec) des formes dansées. Pour cette pièce, Wayne McGregor a notamment choisi de travailler avec le performeur, compositeur et architecte logiciel Nick Rothwell. Ensemble, ils ont développé un logiciel capable de générer des séquences chorégraphiques, réorganisées différemment pour chaque représentation. Un jeu de combinaisons mêlant aléatoire et non-aléatoire, puisque basé sur le génome de Wayne McGregor. Soit une structure représentée sous la forme de vingt-trois paires de chromosomes. Pour une démarche chorégraphique qui n’est pas sans évoquer le travail de Merce Cunningham (1919-2009). À savoir l’un des pionniers de l’écriture chorégraphique régie par une logique algorithmique. Pièce fluide, l’Autobiography de Wayne McGregor offre ainsi une expérience sensorielle en forme de perpétuelle variation.