ART | EVENEMENT

Walka/Combat IloveYouToo

08 Mar - 02 Avr 2004

Dans le cadre du festival sur la boxe, Confluences présente une installation réalisée par l’artiste polonaise Zuzanna Janin. Une œuvre, composé d’un ring et de deux vidéoprojecteurs, invite à réfléchir sur les relations humaines, amoureuses en particulier.

Communiqué de presse
Zuzanna Janin
Walka/Combat IloveYouToo

«La boxe c’est une confrontation directe, physique — sans complications, sans reproches ni paroles. Un contre un, ici et maintenant — la boxe c’est une lutte abstraite réduite à son essence. Ce pur distillé de la lutte est neutre et accepte gracieusement toute projection.

Les coins d’où partent les rivaux pour lutter ont toujours deux couleurs, une pour chaque concurrent. Le ring de Zuzanna est totalement blanc. Les territoires des adversaires ne sont pas définis. Sur le ring de Zuzanna, on n’accomplit aucun dessein tactique, il n’est pas question de jeu, car ici, ce qui couronne le jeu pour qu’il soit un jeu, n’aura pas lieu — la victoire d’un des participants.

Dans l’œuvre de Zuzanna s’affrontent l’homme et la femme, l’auteur et le boxeur professionnel, tous les deux vêtus du même costume blanc de boxeur et gants rouges d’entraînement. Ces uniformes suggèrent qu’ils appartiennent à la même équipe. Zuzanna, apparemment poids plume, apparaît dans le rôle de l’adversaire d’un boxeur professionnel poids lourd. La disproportion réelle des forces n’y joue aucun rôle.

Le combat que mène Zuzanna transcende le caractère rituel de la boxe. Dans un combat de boxe la rencontre s’opère à partir de la tension du début jusqu’à la perte finale de toute énergie. Le combat de Zuzanna est différent: c’est un continuum sans commencement ni fin. Zuzanna montre la lutte comme une condition, un état existant au-delà du temps.

L’homme et la femme du film de Zuzanna ne luttent pas l’un CONTRE l’autre, mais l’un AVEC l’autre. L’essentiel, c’est le processus lui-même, la relation. L’association la plus directe qui vient à l’esprit à la vue de cette lutte incessante, c’est l’amour. Un amour sans l’assurance romantique, sans jamais projeter notre propre imagination sur l’être aimé. Les relations pacifiques ne sont possibles qu’avec un phantasme — une relation avec un être réel, c’est l’union dynamique des contraires, douloureuse mais vraie. Le seul moyen possible de se définir face à l’Autre, c’est la lutte. Toute entreprise intellectuelle ou émotionnelle que nous entamons est une suite de petites ou de plus grandes batailles, mais l’amour appartient à celles qui sont les plus acharnées».

D’après Stach Szablowski, traduit par Ch. Jezewski