ART | EXPO

Visions extraordinaires

07 Juil - 17 Sep 2011
Vernissage le 07 Juil 2011

La cruauté, la sexualité, la mort, le rêve, l'enchantement... toutes les forces latentes qui construisent l'inconscient des hommes se déploient dans les oeuvres de ces trois artistes, à travers un langage plastique sensible et évocateur.

Katia Bourdarel, Alkis Boutlis, Karine Rougier
Visions extraordinaires

Si l’imaginaire fait souvent l’objet de défiance et de suspicion c’est parce qu’il serait une préoccupation de peintre du dimanche romantique et académique, et que son but serait de procéder à un inutile réenchantement du monde. Pourtant en explorant les facilités du merveilleux et de l’envoûtement, des artistes ont compris qu’inventer des mondes n’est pas nécessairement se préserver de la réalité mais s’y plonger pour en explorer les manques et en dépasser les limites.

L’exposition rassemble trois jeunes artistes, trois regards, trois univers particuliers. Fantasmés ou désillusionnés, leurs travaux ont en commun d’exalter une reconquête du dessin contemporain à travers une technique maitrisée. Les gouaches et dessins sombres et précieux tout en transparence d’Alkis Boutlis mêlent, dans des compositions teintées de romantisme noir, autoportrait faunesque, figure mythique et nature fantastique. Ses scènes étranges sont traversées de pulsions et de tensions où sexe et mort consomment des noces funèbres exquises.

D’étranges personnages peuplent les dessins de Karine Rougier où s’entremêle une profusion de petites saynètes fantasmagoriques minutieusement composées et imbriquées à la manière de calligrammes surréalistes. Notes rêveuses exaltant l’extravagance sexuelle et compositions cannibales disséquant le corps et ses excès, les visions fantasques de l’artiste oscille suavement entre raffinement et cruauté.

Propulsées par on ne sait quel sortilège, des créatures sortent des toiles de Katia Bourdarel et nous émerveillent, nous interrogent. Fascinant et inquiétant, mystérieux et troublant, ce bestiaire incarne avec élégance et démesure les pulsions les plus inoffensives et les plus obscures. Il y a dans l’oeuvre de Katia Bourdarel une récurrence des thèmes liés à la fausse innocence de l’enfance, mise en résonance avec le monde animal. C’est le sentiment d’une fraternité qui se joue alors dans notre rapport à l’oeuvre.