ART | EXPO

Vidéos viennoises

03 Juin - 12 Juin 2005
Vernissage le 02 Juin 2005

Parcours à travers l’art vidéo viennois des dernières décennies, issu de la collection du département culturel de la ville de Vienne. Plusieurs thématiques apparaissent à la lecture des oeuvres : traduire l’environnement perçu, le corps, l’identité et les jeux de rôle, l’agression et le pathos l’érotisme et l’ironie.

Communiqué de presse

Ursula Mayer, Nikola Hansalik, Edgar Honetschlaeger, Nina Dick, Simon Wachsmuth, Günter Brus, Pirmin Blum, Katharina Schmidl, Ricarda Denzer, Fiona Rukschcio, Nicolas Jasmin, Anna Jermolaewa, Waltraud Brauner, Martin Kitzler

Vidéos viennoises


Un regard sur la jeune création vidéo de Vienne
Une exposition du département culturel de la ville de Vienne, en collaboration avec le Bétonsalon.
L’exposition «Vidéos viennoises» propose un parcours à travers l’art vidéo viennois des dernières décennies. Tous les travaux sont issus de la collection du département culturel de la ville de Vienne, portant le nom de Museum auf Abruf – le musée sur demande.
Dans ce musée-sans-surface-muséale (d’où son nom) sont rassemblées 16 000 œuvres, représentant des domaines aussi variés que la peinture, le dessin, la photographie, la sculpture ou l’installation.
Depuis 1951, le service des Arts de la ville achète des œuvres d’artistes contemporains travaillant à Vienne. Une grande partie de ces travaux sont acquis sur les conseils d’un jury formé de professionnels de la scène artistique viennoise, renouvelé trois fois par an.
De 1999 à 2003, le musée sur demande disposait de son propre espace, à coté de la Sécession Viennoise, pour exposer sa collection. A la suite de la fermeture de celle-ci, de nouvelles salles d’expositions à proximité de l’hôtel de ville sont actuellement rénovées, afin que le musée sur demande puisse enfin avoir son pied à terre a partir de l’été 2007.
Ces derniers temps, l’art vidéo autrichien, toujours mieux coté, occupe une place importante sur le marché de l’art. L’exposition au Bétonsalon de Paris nous donne pour la première fois l’occasion de présenter un échantillon de notre collection vidéo actuelle, et, avec elle, quelques artistes particulièrement intéressants, travaillant à Vienne avec les nouveaux médias.

Douze vidéos, choisies et regroupées en fonction de leur contenu, sont montrées en boucles de 90 minutes dans la Vidéobox de la galerie.

L’exposition
Perception et exploration de la ville et du territoire
Comment les artistes perçoivent-ils leur environnement, comment traduisent-ils cette vision du monde dans leur travail?
Dans le tram qu’elle prend tous les jours, Nina Dick filme toujours la même rue sous un angle de vue tronqué, sans prendre conscience de l’image qu’elle enregistre. Elle monte les „bouts de rue“ résultants en un nouvel ensemble.
Là où l’image de la ville est traitée par Dick de manière presque sculpturale, Simon Wachsmuth porte l’accent sur le moment contemplatif. Dans sa vidéo „0,7“, les prises de vues de l’ancienne frontière est/ouest de l’Allemagne ou de l’estuaire de l’Elbe, la caméra, fixe, campe un scénario statique, chargé de la signification historique du lieu. Le lent mouvement des ferries introduit la notion de temps dans l’image.
L’émotion première engendrée par l’attrait pour le paysage est supplantée par un montage mettant l’accent sur une nature reconstituée.

Identité et jeu de rôles
Deux films présentés se concentrent de manières très différentes sur le thème de l’identité. Ricarda Denzer montre des images d‘appartements abandonnées et y recherche leurs habitants de jadis, comme s’ils avaient laissé des empruntes de leurs identités en ces lieux vides.
Edgar Honetschläger utilise, quand à lui, des vieux fauteuils comme moyen de se créer une identité. Il envoie à Tokyo via Vienne 14 fauteuils trouvés dans les rues de New York, et invite des japonais et japonaises de différents âges et groupes sociaux à s’asseoir dessus et/ou à interagir avec elles. Il s’avère ainsi que, contrairement aux clichés, un individualisme prononcé existe aussi au Japon.
Fiona Rukschcio porte un regard féministe sur le Panthéon parisien commémorant les «Grands Hommes». Une femme guide le/la spectateur(trice) du film à travers le bâtiment en compagnie d’un groupe de touristes. Cependant, Rukschcio réécrit l’Histoire de France, en transformant les héros de la république en héroINES et en leur inventant de nouvelles vies. Cette imposture, bien sûr incorrecte, efface les actes historiques masculins de l’Histoire nationale et les éclaire d’une nouvelle lumière féministe. La négation complète du rôle de la femme dans l’écriture de l‘Histoire est mise en évidence dans cette oeuvre.

Agression et Pathos
L‘artiste franco-viennois Nicolas Jasmin (N.I.C.J.O.B.) aussi bien que le jeune suisse Pirmin Blum utilisent du matériel vidéo existant (extraits de films ou spots provenant des mondes de l’industrie et de l’économie) comme point de départ de leur travail. Un montage nerveux, répétitif, révèle des moments d’agression intenses.
Goldflames out in the sky, de Ursula Mayer, la montre en costume de scène chatoyant sur le toit de l‘une des tours de DCA de la deuxième guerre mondiale, images marquantes de la skyline viennoise. Malgré cet environnement militaire, c’est surtout une impression chargée de souffrance qui émane de ce travail. Le vent d’un clip punk souffle sur la Flakturm…

Erotisme et ironie
Anna Jermolaewa, avec une idée stupéfiante de simplicité, montre comment érotisme et ironie peuvent s’entremêler. Une succession de paires de fesses, filmées directement derrière les passants dans la rue, provoque plutôt le sourire que le désir charnel du spectateur.
Katharina Schmidl représente le corps de femme parfait, adoptant des poses plus qu‘insinuantes. Ces formes alléchantes ont malheureusement un défaut: elles sont en chocolat et fondent aux feux de la rampe… image: Katharina Schmidl
Displaced bodies de Pirmin Blum montre combien ridicule peuvent paraître des gens placés en des endroits inhabituels, absurdement vêtus et agissant contre nature.
Waltraud Brauner est la plus jeune artiste de cette exposition. Techniquement, son travail fait penser à une „home-made-video“. Le fait que cette séquence soit filmée en super8, et que la bande son originale soit également conservée, a toute son importance. La lutte vaine pour le maintien d’un équilibre se termine en échec, préparant cependant la venue d’un certain équilibre instable. A peine celui-ci est-il arrivé que le spectateur est renvoyé au début de la séquence.

Positions particulières
Le documentaire Körperanalysen (Analyses de corps) de Günther Brus est présenté sur un moniteur isolé, en dehors de la vidéobox. Cette compilation de ses actions est à situer dans le contexte des débuts de l’art vidéo. Brus compte parmi les représentants les plus radicaux de l’actionisme viennois. Dans les années 60, il fit sensation surtout avec ses actions, qui lui valurent même un mandat d’arrêt en Autriche et l’obligèrent à un exil passager à Berlin-Ouest. Depuis les années 70, il se consacre intensivement au dessin.
La vidéo, réalisée en 2001, montre tous les films conservés des actions de Brus dans les années 60, accompagnées –puisqu’à l’original elles sont enregistrées sans son- d’un échantillon de musiques du 20e siècle. Entre chaque séquence, de courtes citations ont été introduites.

Was wir wünschen (ce que nous souhaitons) de Nikola Hansalik est conçu comme un authentique morceau de musique. Pendant plus de trois minutes, on n‘entend dans les écouteurs que des applaudissements! Des applaudissements tirés de concerts différents, des applaudissements à des rythmes différents. De cette juxtaposition naît une véritable „Protestsong“ (Hansalik). Inévitablement se pose la question de savoir, qui est concerné par ces applaudissements. Ils s’adressent naturellement aux vidéos présentées, aux visiteurs ou à l’exposition dans son ensemble. Avec ce travail, Hansalik examine le phénomène de l’applaudissement dans sa diversité, en fait un élément d‘action et le détourne de son rôle réactif.
L’exposition est complétée par une image fixe tirée de la vidéo Goldflames out in the sky de Ursula Mayer, ainsi qu’un album photo de Martin Kitzler, constitué pendant le Orgien Mysterien Theaters de Herman Nitsch au château Prinzendorf (Basse-Autriche) en 1998.

Körperanalysen (Analyses corporelles)
Déjà dans mes années à Berlin (1969 – 1980), j’avais dans l’idée de réaliser un film avec les vidéos de mes actions. Projet toujours avorté faute d’argent et d’intérêt du public.
Grâce à Peter Kasperak et à sa «Cosmos Factory», je suis enfin arrivé à mes fins. Au centre de ce travail, il y a naturellement les actions. La bande inclut tous les films conservés jusqu’ici (Starrkampf, Transfusion et Intelligenztest m’ont été subtilisés à Milan).
Les documents filmés sont étoffés par des photos, des partitions, des dessins, des articles de presse, des procès verbaux, et par un coup d’œil sur ma phase postactioniste (dessins et poèmes en images).
Beaucoup de passages enregistrés sans son sont accompagnés de musiques du 20ème siècle. J’ai aussi intégré des courtes citations entre certaines séquences. Des versions allemande, française, anglaise, italienne et espagnole sont prévues.
La première de Koerperanakysen aura lieu le 15 octobre 2001 au Louvre. Une partie du passé est enfin rattrapée. Günter Brus, Graz 2001.