ART | EXPO COLLECTIVE

Videodyssey de Parker’s Box, Brooklyn. New York

21 Mar - 22 Avr 2006

Alun Williams, directeur de Parker’s Box, New York, présente les œuvres vidéo de sept artistes: Steven Brower, Mike Rogers, Simon Faithfull, Patrick Martinez, Agnieszka Kalinowska, Jason Glasser et Philippe Bazin.

Dans Conrad Carpenter’s Ladder de Steven Brower, un astronaute monte à une échelle sans fin. Par cette métaphore, Brower se réfère à l’exploit pionnier américain de la mission Apollo, distillant un parfum de déception et de gaspillage. La vidéo a été réalisée de toutes pièces (la combinaison, mise en scène, ainsi que tous les aspects du film), dans l’atelier de l’artiste, à Brooklyn.

Mike Rogers est un artiste multi-média, tour à tour vidéaste, photographe, sculpteur et dessinateur. Vivant une vie de famille ordinaire dans une banlieue de Los Angeles, il s’intéresse aux attitudes et aux comportements des classes moyennes américaines. Dans sa vidéo Cross Country, réalisée en 2002, il filme sa traversée des Etats-Unis, de Brooklyn à Los Angeles, en voiture. Le film a été tourné en super 8, une image tous les 160m environ, puis transféré sur dvd, ce qui correspond à une traversée à la vitesse de 9,600 km/h, sauf que le paysage se transforme beaucoup plus lentement.

Escape Vehicle n° 6 de Simon Faithfull rapporte le voyage d’une chaise qui se déplace du sol jusqu’aux limites de l’atmosphère (30km d’altitude). Ballotée dans l’espace sous un ballon-sonde que la caméra ne dévoilera jamais, la chaise s’éloigne à toute vitesse des champs et des routes, traversant les nuages, et finalement commençe à se désintégrer à cause de l’altitude. Le voyage de la chaise a été enregistré à l’aide d’une petite caméra vidéo qui retransmet les images en direct à un public en dessous. Le caractère glaçant du film tient au fait que la chaise vide invite les spectateurs à imaginer le voyage entrepris par la chaise dans un espace irrespirable, vide et noir.

Depuis 1990, Patrick Martinez explore différentes formes d’expression comme la vidéo, l’art sonore, le dessin, l’installation ou le design. Grâce à un large éventail de média, il met en place des structures expérimentales permettant de réfléchir sur la relation qui existe entre un objet et son contexte de présentation afin de questionner la perception de l’objet. Pour son film, The Jesuses, Martinez a sélectionné un large ensemble de peintures classiques du Christ en croix. Se servant de leur ressemblance, il a créé un photogramme de chacune d’elles afin de pouvoir les animer.

Agnieszka Kalinowska présente « Well, that is what everybody thinks about militaries…. », un film dérangeant mettant en scène de jeunes militaires dans la marine, rasés de près et s’exprimant dans une langue étrangère, qu’on ne saurait identifier de prime abord, et qui, par ailleurs, n’est pas sous-titrée dans la première partie. Au début, le film semble être une fiction vraisemblablement conçue dans un but éducatif. Cependant, dans sa deuxième partie accompagnée, cette fois, de sous-titres, le spectateur commence à comprendre la trame du film : les espoirs et les peurs, aussi authentiques qu’inconfortables, d’une jeune femme, inquiète de son destin qui s’ouvre sur un voyage sans fin.. Jason Glasser réussit autant dans la musique rock, au sein de son groupe Fruitkey, que dans les arts visuels. Lion et Oiseau est un film d’animation conçu à partir de papiers découpés et de pellicule super 8 noir et blanc, manipulés via un ordinateur. La musique a été composée par le musicien français Jean Charles Versari, guitariste de Fruitkey. Il s’agit du troisième film d’une série commencée avec Sepia Collision présenté chez Parker’s Box en 2003, suivi de Centaurs Study présenté au Triangle à Marseille en 2004. Tous trois suivent les voyages poignants et les poursuites violentes de quelques êtres fantastiques: une tête-ballon rouge souriante, un centaure mélancolique et un lion à deux pattes chassant un pigeon.

Philippe Bazin, a réalisé en 2005 Ski Centre, plan fixe sur un paysage de montagne: au nord de l’Europe, une station de ski, un centre comme il en existe très peu dans cette région assez peu montagneuse. On est en mai, la station est fermée, et le temps est instable. Les sièges des remonte-pentes oscillent au vent violent qui balaye les collines verdoyantes.

Le soleil luit quelques minutes, mais de la vallée remonte un air furieux et noir, la pluie tombe très vite à seaux, les premiers flocons blancs la remplacent en moins d’un quart d’heure. C’est la tempête de neige, puis tout s’apaise, le souffle retombe progressivement et la colline émerge blanche et striée. Dans une heure, le temps de la fonte, tout va recommencer.

> Une autre version de «Videodyssey» est actuellement présentée dans sa galerie à New York.

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Anthony Poiraudeau sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

Videodyssey