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Verso arts & lettres n°29

À l’honneur de cette publication trimestrielle : l’artiste Fabienne Verdier, influencée par l’art chinois traditionnel et la calligraphie. Sans oublier des chroniques sur les expositions et la littérature, ainsi qu’un éclairage sur la République tchèque, accueillie par la France en 2002, dans le cadre de « Bohemia magica ».

— Éditeur : Cercle d’art, Paris
— Directeur de la publication : Jean-Luc Chalumeau
— Parution : janvier-mars 2003
— Format : 32 x 22 cm
— Illustrations : quelques, en couleurs et en noir et blanc
— Pages : 56
— Langue : français
— Prix : 6 €

Refléter le souffle vital
par Jean-Luc Chalumeau (extrait, p. 2)

Fabienne Verdier est une artiste exceptionnelle. Par son parcours, par sa personnalité, et évidemment par son œuvre dont les connaisseurs de l’art chinois admirent unanimement le très haut niveau de maîtrise. D’où des textes célébratifs qui ne sont bien sûr pas sans qualités, mais qui risquent, me semble-t-il, de passer à côté de l’essentiel. Fabienne Verdier a consenti d’immenses sacrifices pour être initiée à l’art de la Chine éternelle, et elle y est parvenue. La voici aujourd’hui revenue en Occident, et l’on ne lui fera pas l’affront de considérer ses œuvres récentes comme une improbable « synthèse entre deux traditions picturales » : laissons cette ambition à la cohorte des peintres (souvent coréens) qui croient trouver là un créneau sur le marché. Mais, de toute manière, ce n’est pas en mélangeant Ma Yuan et Pollock que l’on fait de l’art, ni du neuf.

Rappelons seulement que, tout au long de son histoire, qui commence deux ou trois mille ans avant l’ère chrétienne, la peinture chinoise a oscillé entre deux pôles : d’une part, le respect infiniment scrupuleux de la nature aboutissant généralement à divers styles académiques et, d’autre part, la propension à l’individualisme suscitant des formules étonnamment fécondes. (…)

L’importance, à mes yeux essentielle, de l’œuvre de Fabienne Verdier est là : par le détour assumé de la Chine — son chemin — elle nous apporte un art à la fois universel et intemporel. Les artistes contemporains dont je peux en dire autant ne sont pas nombreux.

(Texte publié avec l’aimable autorisation Jean-Luc Chalumeau)