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[Vente] Drouot : Roman Cieslewicz

19 Mar - 19 Mar 2006

Il a marqué les mondes de l’édition, de la presse et de la publicité par un travail dense et hétéroclite: des collages et montages photographiques d’influence pop. La maison CalmelsCohen propose dans cette vente des œuvres provenant de son atelier.

Roman Cieslewicz
Vente Drouot Richelieu

Roman Cieslewicz est un des grands imagiers de la deuxième moitié du XXe. Choisissant la photographie — collage ou montage — il a pratiquement abordé tous les champs possibles de la création. Fraîchement diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Cracovie — qui forme à l’époque, une génération de graphistes qui influencera le monde entier — il débarque à Paris en 1963.

Il a la chance d’être engagé par Peter Knapp comme maquettiste pour le magazine Elle dont il devient rapidement directeur artistique. Cette position dans la presse lui permet de mettre en pratique sa première passion: le photomontage qu’il avait appris de son maître Meyzyslaw Berman. Il bouscule toutes les règles, largement démodées, de la mise en page française. Toute aussi importante à l’époque est sa rencontre avec le groupe Panique — notamment Arrabal et Topor — qui nourrit son inspiration et l’amène à un surréalisme pop, qui saute aux yeux dans les couvertures d’Opus international et les premiers collages centrés.
Il se concentre dès lors sur le collage et le montage photographiques, techniques qu’il fera évoluer jusqu’à sa mort. La frontière entre les deux est souvent difficile à tracer car découpage, photographies et photocopies sont associées dans un univers qui, dans la répétition d’images fétiches, se recrée en permanence sans jamais se répéter.
Une sorte de «gigantesque copié-collé» constament enrichi de nouvelles visions.

A la presse, qui le passionnera toute sa vie (Libération, l’AutreJournal, Révolution…) vient s’ajouter l’édition (Julliard, Pauvert, Tchou…) et, surtout, la publicité, toujours méprisée en France, tant par les graphistes «engagés» que par les plasticiens «authentiques».
Cieslewiczy démontre, dans l’agence Mafia, qu’on peut faire de la publicité créative. Pour R.D. Ketchum, ce qui est moins évident, il prouve que l’on peut, sans trahir son style, faire des campagnes efficaces (Charles Jourdan).
Viennent ensuite ce qu’on peut appeler les années «Centre Pompidou» (1975-1983) pour lequel, dans tous les domaines de la communication, il laisse un travail inégalé.
Travailleur acharné, il répond à d’innombrables commandes qui, au fil des ans, sont de plus en plus centrées sur le culturel et le social — ce qui ne l’empêche pas, avec sa boulimie d’images, de multiplier ses recherches personnelles.
Dés les années 70, c’est la série «Changements de climats», où la couleur fait son apparition, dont on trouve l’aboutissement en 1995 avec «Oozelisques». Le Noir et blanc ne disparaît pas pour autant: il caractérise les numéros de Kamikaze et la série «Pas de nouvelles — bonnes nouvelles». Il expose à la galerie de France et à la galerie du jour Agnès b.

Ce géant protéiforme travaille ainsi, jusqu’à sa mort subite, début 1996, tous azimuts.
Son oeuvre est touffue au point d’en rendre la connaissance difficile. C’est de reconnaissance que nous voulons parler aujourd’hui en révélant, sous toutes ses facettes et en pesant bien les mots, un authentique grand créateur.

Présentation de la vente à la Maison Rouge le 6 mars 2006.

Maison de ventes
CalmelsCohen

Infos pratiques
Drouot Richelieu
9, rue Drouot. 75009 Paris
M° Richelieu-Drouot