DESIGN | EXPO

Vanille

14 Jan - 03 Mar 2012
Vernissage le 14 Jan 2012

En choisissant le terme «vanille» comme titre de l'exposition, les artistes s’amusent de la définition du «goût», à la fois comme jugement esthétique et comme saveur.

Communiqué de presse
Nicolas Deshayes, George Henry Longly
Vanille

Considérée en Europe jusqu’au XIXe siècle comme une épice exotique, essentiellement à cause des difficultés dues à son importation depuis l’Amérique centrale et l’Amérique du sud, la vanille (le mot possède la même racine étymologique que le mot «vagin») est aujourd’hui utilisée de manière polysémique pour désigner à la fois la douceur d’un cadre chaleureux, le cocon, la petite note sucrée et réconfortante des confiseries. Dans le langage familier anglo-saxon, «vanilla» est également une référence aux comportements sexuels «normés».

Les oeuvres de l’exposition renvoient de manière subversive, mais détournée aux outils de présentation publicitaire, d’information publique ainsi qu’au mobilier urbain. De la distorsion amusée des signifiants et de l’utilisation libérée des motifs stylistiques à l’allusion aux tabous sexuels du quotidien, Deshayes et Longly aiguisent les appétits et proposent des saveurs qui dépassent de loin le simple goût de la vanille.

Nicolas Deshayes présente deux ensembles de pièces. Salts est une installation modulaire composée de panneaux d’acier zingué sur lesquels sont fixés des reliefs plastiques thermoformés qui tentent de représenter des liquides figés dans leur mouvement. L’artiste réalise ces formes épurées à partir de techniques industrielles de prototypage et de packaging. Ces objets en plastique se situent à mi-chemin entre le jeu de séduction mis en place par les images publicitaires rutilantes et d’indéfinissables flux corrosifs.

Ailleurs dans l’espace d’exposition, des sculptures en caoutchouc paraissent avoir été souillées par des empreintes anonymes de bottes qui surgissent à la surface. Le sol sombre et boueux par endroits, instaure une dimension qui contraste avec ce que le titre «Vanille» pourrait suggérer.

Les pièces de George Henry Longly incluent en elles-mêmes leurs propres modalités de présentation dans l’espace. Dépourvues de sens en dehors du contexte de l’exposition, les oeuvres font référence à un style de vie, mais aussi à la photographie touristique, tant en termes de composition que de contenu. Elles « ancrent » l’exposition et ses artistes tout en résistant à une lecture biographique. Plus loin, Thinking and dancing se présente comme un hommage aux panneaux d’information publique. À la manière d’objets performatifs dont le contenu pourrait (en théorie) changer à travers le déroulement de l’exposition, les motifs des planches empruntent à l’histoire des arts décoratifs.

Enfin, George Henry Longly présente deux sculptures verticales qui combinent le vocabulaire des appareils électroménagers et les techniques avant-gardistes. Les objets polis sont à l’image des présentoirs de grands magasins; combinant des matériaux tels que le marbre, le verre et le plâtre, ils présentent des produits de beauté et des objets de maison design. Usant d’une palette clairement empruntée au domaine de la décoration, les oeuvres ancrent l’intérêt de l’artiste dans une forme de souillage de la pureté moderniste en convoquant des références esthétiques dépassées au design post-moderne et aux intérieurs domestiques.

Vernissage
Samedi 14 janvier 2012 à 18h.

critique

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