PHOTO | EXPO

Urbanscapes

24 Mai - 14 Juin 2012
Vernissage le 24 Mai 2012

Sébastien Pageot n’est pas un de ces photographes qui se promènent de rues en rues ou de paysages en paysages, à la recherche de l’instant magique qu’ils soustraient au réel. Les œuvres de l’artiste sont de pures compositions, l’image ici joue de la simplicité pour mieux substituer le décor à la réalité.

Sébastien Pageot
Urbanscapes

«Urbanscapes» pourrait être le titre d’un roman futuriste de science-fiction. Cette proposition créative du photographe-plasticien Sébastien Pageot a pour objet le paysage urbain. Mais ne nous y méprenons pas, ici, point de panoramas électrifiés ou de vertigineuses cascades de gratte-ciels. Non, Sébastien Pageot semble vouloir s’écarter du spectaculaire en offrant à nos yeux des clichés qui rendent hommage à la finalité primaire de la photographie: représenter le réel. Il cadre un parking, capte la vue d’un entrepôt ou d’un bâtiment industriel.

Pourtant, lorsque l’observateur dépasse la rudesse de ces «non-lieux de l’architecture urbaine», l’onirique et le fantasmé font surface. Ou refont surface, devrions-nous dire. Car l’artiste prend ici le parti de nous leurrer en imaginant des lieux possibles matérialisés par le biais de simples maquettes de cartons ou d’objets divers. Dès lors, la photographie ne se contente pas de sublimer le réel, elle crée une illusion en flouant la limite entre le réel et l’irréel. Et les disciples de Saint Thomas auront beau croire ce qu’ils voient, ces «faux-tographies» ne représentent jamais vraiment ce qu’elles figurent.

Pour exemple, le panorama d’immeubles de l’installation King Kong n’est pas un cliché d’une ville de type nord-américain, mais des milliers d’agrafes savamment agencées. Aussi, le projet Veduta utilise la lumière naturelle pour transformer des constructions de carton en grandes bâtisses vénitiennes. Où est le réel? Où est le fictif?

«Urbanscapes» est une exposition de photographies en faux-semblant aussi réels que précis. Dans une société où l’image est reine, ce travail artistique «interroge le médium photographique sur ses capacités à nous mentir», à nous faire croire. A quelle objectivité pouvons-nous nous fier lorsque ce qui figure se révèle être une illusion?