ART | EXPO

Unions mixtes, mariages libres et noces barbares

30 Sep - 08 Mar 2010
Vernissage le 29 Sep 2009

Dans le cadre patrimonial et anciennement religieux de l’abbaye de Maubuisson, Orlan mixe les temps, hybride les apparences, unit les différences. Les oeuvres spécialement produites pour l’exposition, déclinent sa manière de faire de l’art à la première personne, directe, joyeuse et subversive.

Orlan
Unions mixtes, mariages libres et noces barbares

Artiste internationalement reconnue, Orlan a fait depuis les années 60 de son corps le support d’une oeuvre qui interroge les pressions politiques, religieuses ou sociales qui s’exercent sur les individus,  en particulier sur les femmes.

Dans le cadre patrimonial et anciennement religieux de l’abbaye de Maubuisson, Orlan a pour projet de mixer les temps, d’hybrider les apparences, d’unir les différences. L’exposition se concentre sur la vidéo et surtout la sculpture, et interroge les rapports de l’oeuvre au lieu, dans les espaces si singuliers de l’abbaye de Maubuisson. Les oeuvres spécialement produites pour l’exposition déclinent sa manière de faire de l’art à la première personne, directe, joyeuse et subversive.

Dans la grange, une limousine, figure du luxe et symbole du mariage, est le support d’une projection vidéo intitulée Orlan Remix: Romain Gary, Costa-Gavras, Deleuze et Guattari. Critique de la standardisation des représentations sociales et mise en exergue de l’absurdité du racisme, cette installation monumentale, à l’étrange poésie, prône l’utopie de la mixité.

Dans le parloir, Sculpting Brushes, prototype lumineux n° 1, est la première sculpture d’une série intitulée Bump Load. Orlan prête ses traits à cet être mutant, à la fois futuriste et archaïque, ethno et techno-cyber, dont les parties lumineuses réagissent à la présence des visiteurs.

Fruit d’un important travail de recherche et d’innovation, Sculpting Brushes, prototype lumineux n° 1 est en réalité une tentative de se réapproprier une utilisation, trop souvent déshumanisante, de la technologie, au profit d’un imaginaire libre, celui de la mondialité.

Dans le décor gothique de la salle des religieuses, trois robes moulées en résine s’inscrivent dans la filiation des sculptures de plis, au drapé baroque, réalisées par Orlan. Remix d’oeuvres historiques, ces trois sculptures identiques – dont seul diffère l’aspect de surface – soulèvent la question de la copie et du clonage.

Simulacres de l’hyper luxe, elles relient les époques et la permanence des représentations ; le corps absent est à la fois celui de la Vierge, de l’artiste et du mannequin se produisant dans les défilés de mode.

En fin de parcours, dans les anciennes latrines, Aka, double artistique d’Orlan, dénonce à travers une installation inédite le harcèlement du sport et de la religion devenus envahissants dans les médias et la vie quotidienne.