ART | EXPO

Ungebautes

01 Mar - 04 Mai 2008
Vernissage le 29 Fév 2008

Pour son exposition, Jan Kopp a conçu un projet d’utopie urbaine et architecturale : la construction collective d’une ville éphémère, métaphore d’une cité des désirs et de l’imaginaire.

Jan Kopp
Ungebautes

Jan Kopp a réfléchi aux conditions du spectacle, à la relation entre les temporalités du corps en mouvement et du dispositif plastique, ainsi qu’à la relation du corps à l’espace. Pensée à l’échelle de la salle d’exposition, Ungebautes est une sculpture suspendue, faite de bûchettes de polystyrène assemblées, monumentale et légère. Plus qu’une forme close et rigide, elle se présente comme une structure ajourée dont l’assemblage révèle une diversité de rythmes et de décisions résultant en une totalité autonome.

Lointain écho aux Villes invisibles d’Italo Calvino, elle est la métaphore d’une ville ouverte, sans opacité et organique, nimbée de fumées blanches et drainée de couloirs et de salles. La déambulation au travers de ces méandres sollicite chez le visiteur-acteur l’activation de toute sa conscience et l’invite à recomposer en permanence son point de vue.

Dans sa conception comme dans son “usage“, cette ville improbable est une expérience de renouvellement du lien entre forme et fonction : sa forme ne procède pas de l’exécution des fonctionnalités urbaines habituelles et attendues mais d’une expérience collective d’interactions entre geste, écoute et partage de savoirs.

Ungebautes est un projet ambitieux qui révèle les multiples facettes de l’oeuvre que cet artiste allemand développe depuis plusieurs années dans son atelier parisien autant que lors de ses nombreux voyages et partenariats artistiques. Jan Kopp est vidéaste, dessinateur, sculpteur… il réalise aussi des installations et fait des performances… et encore, on l’a vu donner des conférences, imaginer des scénographies et enseigner la danse. Car pour lui, être artiste est une forme d’intervention et l’oeuvre est ouverte et libre de toute définition préalable.

Attentif à leurs qualités plastiques et visuelles, Jan Kopp réalise des oeuvres composites et poétiques qui induisent une perception active du temps et de l’espace. Quels que soient leur univers esthétique, ses réalisations tendent avant tout à rendre sensibles des possibles de l’expérience individuelle : elles suggèrent des appropriations de l’espace, suscitent un usage particulier des objets, invitent au mouvement, déplacent le regard, proposent l’invention d’une nouvelle langue… Ce sont autant d’expériences singulières qui interrogent l’espace public, le lieu commun (au sens propre du terme) et “l’être ensemble“. Ce sont autant d’expériences qui mettent en jeu la circulation et l’échange de la parole, l’éphémère d’une présence physique à la fois unique et commune, l’existence d’une communauté. A ces expériences, l’architecture et les problématiques urbaines servent souvent de cadre : qu’elle soit directement représentée ou seulement suggérée, la ville est par excellence l’environnement de l’homme moderne, historique et organique, la scène sur laquelle interfèrent et se projettent les parcours de vie, les fonctions sociales et les utopies de construction.

L’exploitation d’une large diversité de moyens d’expression dénote chez Jan Kopp un souci permanent de conférer à son oeuvre la dynamique de la pensée, fluide et libre de ses associations. Jan Kopp se rallie ainsi à une figure de l’artiste en artisan ou en bricoleur, auquel l’absence de spécialisation autorise l’autonomie et la liberté d’infiltrer des registres formels adaptés aux lieux et aux temps investis. Dans le contexte d’une société soumise à un omniprésent principe de réalité et en réponse à ce pragmatisme ambiant, les artistes d’aujourd’hui sont prompts à hybrider les genres et à brouiller les limites entre l’art et la vie. Pour Jan Kopp, se définir en artisan est en outre une manière de s’inscrire dans une filiation historique d’artistes engagés, pour lesquels le nomadisme, aussi bien mental que formel, s’envisage comme un concept salvateur, en résistance à des processus d’atomisation et de confinement de l’individu. Son travail se développe ainsi comme une démarche transversale reposant davantage sur la décontextualisation, l’interprétation et le décalage des concepts que sur une création ex‐nihilo, valorisant autant la polysémie des gestes ou des formes que la qualité d’états instantanés et provisoires.

Événement :
Conférence performance de Jan Kopp : le samedi 15 mars 2008 à 11H
Dans le cadre de la participation du réseau Trans-Rhein-Art à l’opération « Week-end de l’art contemporain » initié par Télérama.

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