ART | EXPO

Une histoire surnaturelle

13 Mar - 19 Avr 2014
Vernissage le 13 Mar 2014

S’inspirant de l’Historia Animalium de Conrad Gesner, le dessinateur offre une seconde vie aux animaux de ces planches, niant la notion de perspective et la rigueur caractéristiques du dessin scientifique. Son dessin aux crayons de couleur, stylos et pastels cherche à retrouver la candeur et l’efficacité narrative de la main de l’enfant.

Adrien Vermont
Une histoire surnaturelle

Adrien Vermont a travaillé à partir des planches de l’Historia Animalium du Suisse Conrad Gesner. L’artiste a remplacé les très académiques dessins-gravures du XVIe siècle par ses propres dessins, tout en préservant les notices publiées comme supports de sa création.

Conrad Gesner propose dans son Historia Animalium datant de 1551-1558 une taxinomie embryonnaire. Il est considéré par beaucoup comme le premier zoologiste des temps modernes. Dans cette Histoire des animaux, œuvre immense de 3 500 pages, chaque espèce est décrite suivant huit chapitres. Conrad Gesner donne notamment leur nom dans différentes langues, leur habitat et leur origine puis leur description anatomique, physiologique, ainsi que leur utilisation par les poètes et les philosophes.

Adrien Vermont s’inscrit dans l’héritage de Conrad Gesner pour mieux le dépasser, presque le dynamiter par son dessin. Sitôt son diplôme des Beaux-Arts obtenu, l’artiste a décidé de s’isoler pendant de longs mois, entrant dans ce qu’il a lui-même nommé sa période de «désapprentissage», période pendant laquelle il a cherché à retrouver la candeur et l’efficacité narrative du dessin chez l’enfant.

Le bestiaire qu’il nous propose est authentique et subversif, contrastant avec la rigueur académique presque «taxidermée» de Conrad Gesner. On y retrouve avec bonheur des dessins d’animaux, drôles, vivants, burlesques.

Avec des crayons de couleur, des stylos et des pastels, il offre une seconde vie aux animaux de ces planches niant la notion de perspective et la rigueur caractéristiques du dessin scientifique. Les animaux sont comme mis à plat et scrutés de l’intérieur, produisant comme l’a écrit la commissaire Julie Crenn «une expressivité intense et désarmante».

L’artiste fait preuve d’une incroyable dextérité, son trait est à la fois sauvage et précis, les couleurs jubilatoires insufflent de la vie dans les scènes animalières. Les mots ou expressions ajoutés par l’artiste commentent avec humour les notices de Conrad Gesner.

Adrien Vermont semble se moquer du carcan scientifique et d’une classification prétendument exacte en introduisant une impertinence et une fraîcheur réjouissantes.