ART | EXPO

Une Guêpe dans le K-Way

23 Juin - 22 Juil 2012
Vernissage le 23 Juin 2012

Permutations anodines, déviances imperceptibles, contre-emploi sans conséquence, sans emphase et toujours avec des moyens simples, les gestes que nous proposent les artistes présentés dans cette exposition pourraient renverser puissamment le cours des choses, en accordant plus de légitimité aux rêves qu’à la réalité, et aux contes qu’à l’histoire.

Guillaume Dégé, documentation céline duval, Sébastien Gouju, Thomas Lanfranchi, Julien Tiberi
Une Guêpe dans le K-Way

Une incongruité, un coup de malchance, une mauvaise blague, un détail qui tue, une minime erreur de pilotage qui peut faire basculer l’aventure dans la farce, des vacances de rêve sur la pointe du Finistère en un trip sous cortisone dans le couloir des urgences.

A bien chercher, on leur trouvera sûrement une araignée au plafond, mais supposons plutôt que les artistes qui figurent au générique d’«Une Guêpe dans le K-way» partagent une humeur encline à ce genre d’erreur d’aiguillage.

Leur poésie pratique le sabotage discret des voies aériennes et des règles de l’art, mais n’attend rien du spectacle du crash — même quand le décoratif rencontre l’esprit punk (Sébastien Gouju) —, lui préférant l’instant furtif et vertigineux du suspens: où les scénarii potentiels se pressent, dans la distance entre les pieds et le sol (documentation céline duval), l’œuvre et le titre (Sébastien Gouju), le socle et la sculpture quand celle-ci aspire au grand air (Thomas Lanfranchi), ou encore le signifié et le signifiant (Julien Tiberi).

Étudiant assidûment les versions officieuses, exploitant les fausses preuves ou s’obstinant dans une rigueur au service de l’inefficacité, ceux qui semblent cultiver une posture inadaptée ou anachronique avec une insoutenable légèreté fabriquent des réalités hors-champ, extra-terrestres, et documentent ces territoires en naturalistes (Guillaume Degé), et dressent des monuments à la mémoire de ces temps absents de l’histoire (Julien Tiberi). Quand les flâneries, les rêveries, ou la méditation zen, bref quand altitudes deviennent formes, elles se présentent à l’accueil sans badge, et dans le champ de l’art sans revendiquer les héritages qui pourrait en asseoir l’autorité. Non, décidément, aux socles, ces formes préfèrent les trampolines.

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