ART | EXPO

Une architecture ondoyante pour les 10 ans d’un lieu indiscipliné

16 Mai - 22 Juin 2014
Vernissage le 16 Mai 2014

L'œuvre de Gianni Pettena se situe à la confluence de l’art et de l’architecture. Selon lui, l’architecture doit rester une pensée créatrice capable d’interpréter les mutations de la société. Pour les dix ans du Frac Lorraine, l’artiste propose une installation légère et ondoyante qui vient dissimuler l’architecture séculaire et statique du bâtiment.

Gianni Pettena
Une architecture ondoyante pour les 10 ans d’un lieu indiscipliné

Gianni Pettena est l’un des principaux représentants de l’Architecture radicale avec Archizoom, Superstudio et UFO. Il s’agit d’un mouvement né dans les années 1960 qui repose sur de nouvelles pistes pour l’architecture en explorant les relations entre art et société.

Artiste, architecte, designer, professeur, historien et critique d’architecture, il se définit avant tout comme un «anarchitecte». Pour lui, l’architecture doit se libérer des contraintes de la construction pour rester une pensée créatrice capable d’interpréter les mutations de la société. Convaincu de la nécessité de repenser le sens de l’architecture en tant que discipline, il soutient «les artistes qui construisent et architectes qui dessinent».

Quel meilleur choix qu’un «anarchitecte» pour fêter l’anniversaire du 49 Nord 6 Est — Frac Lorraine. Lieu singulier et inclassable, le Frac Lorraine aime bousculer, croiser les savoirs et par dessus tout expérimenter. Qui mieux que Gianni Pettena pourrait transformer cet espace et sa perception en composant une installation légère et ondoyante a contrario de son architecture séculaire et statique.

Gianni Pettena, dont l’œuvre se situe à la confluence de l’art et de l’architecture, n’a pas beaucoup construit et affirme que son seul projet architectural est sa petite cabane sur l’île d’Elbe. En tant que protagoniste de l’Architecture radicale italienne, il pense plutôt qu’il ne bétonne.

En proposant de cacher le bâtiment, abritant le Frac Lorraine depuis maintenant dix ans, il vient renouveler avec ce geste poétique, celui de son inauguration. On se souvient encore du labyrinthe en carton blanc de Hans Schabus et des multiples performances en guise de manifeste lors de son ouverture.
Depuis, le Frac n’a pas failli à ses missions, celle d’initier de nouvelles pratiques curatoriales en proposant aux spectateurs d’agir et de réagir, celle de croiser connaissances avec expériences sensorielles, celle d’anticiper et d’expliciter les changements sociétaux, écologiques, philosophiques, etc. Depuis dix ans, le Frac ne cesse de s’attaquer aux clichés et aux idées reçues sur l’art et la culture.