DANSE | SPECTACLES

Un son étrange/ L’angle mort

02 Déc - 03 Déc 2011

En une même soirée, deux propositions chorégraphiques interrogent les limites expressives ou sensibles du corps humain. Daniel Dobbels confronte la danse à l’écriture d’Antonin Artaud, tandis que le jeune Camille Ollagnier se propose d’explorer l’angle mort.

Daniel Dobbels, Camille Ollagnier
Un son étrange/ L’angle mort

Un son étrange
Chorégraphie: Daniel Dobbels
Interprète: Adrien Dantou
Texte: Van Gogh, le suicidé de la société, de Antonin Artaud, lu par Alain Cuny

Un solo hors des souffles.
Qu’entend un corps quand il danse (ou croit danser) et ne s’appuie que sur les seules forces silencieuses qui sont les siennes quand autour ou tout près de lui la rumeur devient assourdissante?
Que peut-il entendre d’un texte inouï, «Van Gogh, le suicidé de la société », dit par Alain Cuny, où, comme sous sommation, s’écrit, entre autre, ceci: « (…) sous le terrible coup de boutoir de cette force d’inertie dont tout le monde parle à mots couverts, et qui n’est jamais devenue si obscure que depuis que toute la terre et la vie présente se sont mêlées de l’élucider…»?
Comment, sans lui-même se tenir comme inerte, peut-il soutenir, traduire, trahir, cette démesure où s’associent puissance d’un texte et d’une voix, qu’il nous faut écouter presque sans relâche (chaque jour de notre histoire le demande inconsciemment), et s’y exposer en toute intelligence?
L’attente paradoxale de cette danse-ci serait de faire entendre ce texte d’un point d’extrême vulnérabilité – où le corps ne serait que le levier d’une intelligence d’être encore à invoquer.

l’angle mort
Chorégraphie: Camille Ollagnier
Interprète: Nans Martin

L’angle mort c’est cette part de l’espace qui demeure invisible.
C’est un espace en péril car d’un seul mouvement de la tête il peut s’anéantir et peut-être réapparaître plus loin.
Comme une histoire de fantômes ; d’apparitions et de disparitions.
C’est la possibilité que du mouvement des deux parties — le miroir et son non-reflet — de leur rencontre, sourde une nouveauté insoupçonnée.