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Un ouvrier du regard

09 Fév - 22 Mai 2016
Vernissage le 09 Fév 2016

D’origine hongroise, François Kollar est l’un des plus grands maîtres du reportage industriel et social en France au XXème siècle. Cette rétrospective présente un panorama de ses travaux photographiques à travers 130 tirages des années 1930 à 1960 en Europe.

François Kollar
Un ouvrier du regard

François Kollar, employé des chemins de fer dans son pays natal, puis tourneur sur métaux dans les usines Renault de Boulogne-Billancourt, devient photographe professionnel à l’âge de 24 ans après avoir acquis une riche expérience de chef de studio chez l’imprimeur parisien Draeger. Sa connaissance intime du monde du travail, de la publicité à la mode en passant par l’industrie, l’artisanat et l’agriculture, lui permet d’aborder les outils, les matériaux et les gestes avec une expertise professionnelle exceptionnelle.

Cette exposition rétrospective est constituée d’un ensemble de 130 tirages d’époque dont certains inédits, et d’autres issus de la donation de la famille du photographe à l’Etat. Elle met en lumière le travail d’un photographe qui a su révéler le monde du travail au XXème siècle. Découvrir les qualités documentaires, artistiques et historiques des ensembles réunis ici permet d’observer comment l’individu s’inscrivait dans la société par le biais du travail et de prendre conscience des changements profonds qui ont affecté l’industrie entre les années 1930 et les années 1960.

L’année de son mariage, en 1930, François Kollar installe son propre studio à Paris. Premier modèle à ses débuts, Fernande, son épouse, sera une fidèle collaboratrice tout au long de sa vie. Travaillant pour des agences de publicité et des marques de luxe, il excelle dans la mise en valeur des modèles, des formes et des étoffes grâce à une grande sensibilité à la lumière et à la matière.

François Kollar collabore avec plusieurs magazines de mode, en particulier Harper’s Bazaar pour lequel il réalise, pendant plus de quinze ans, des séries, notamment en extérieur. En photographiant les personnalités de la mode de l’époque (Coco Chanel, Elsa Schiaparelli, Pierre Balmain), les modèles et les publicités des grandes maisons (Hermès, Molyneux, Oméga, Christofle ou des parfums Worth et Coty…), il expérimente diverses techniques modernes de prises de vues et travaille avec une grande liberté des compositions originales: contre-jour, double-exposition, surimpression, solarisation…

En 1930, après avoir exposé à l’exposition internationale de photographie à Munich avec Florence Henri, André Kertész, Germaine Krull ou Ergy Landau, le photographe reçoit de la part des éditions Horizons de France une commande conséquente intitulée La France travaille (1931-1934), qui fait de lui l’un des plus grands reporters industriels de l’époque.

Refusant de collaborer avec le pouvoir en place pendant l’occupation allemande, il se retire avec sa femme et ses trois enfants en Poitou-Charentes. Il ne reprend sa pratique photographique qu’en 1945 à Paris. Dans les années 1950-1960, il poursuit en France et à l’étranger ses reportages industriels.

L’exposition du Jeu de Paume porte un regard contemporain sur son œuvre, à la lumière du contexte historique, et analyse la nature des commandes qu’il reçoit tout au long de sa vie. La première partie de l’exposition dévoile sa période expérimentale: ses autoportraits réalisés dans son studio à Paris ainsi que le travail effectué pour des agences de publicité mais aussi pour la mode.

La deuxième partie de l’exposition est consacrée à La France travaille (1931-1934) et réunit des tirages d’époque, des diaporamas ainsi que des archives et des publications. Et la troisième partie présente des œuvres de François Kollar réalisées après la commande de La France Travaille: la mode et les commandes industrielles.

François Kollar est né à Senec, Slovaquie, en 1904 (anciennement Szenc, Hongrie). Il est décédé à Créteil en 1979.

Vernissage
Mardi 9 février 2016

critique

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