ART | EXPO

Ummagumma

06 Mai - 06 Juin 2009
Vernissage le 05 Mai 2009

Expérimentales et jubilatoires, les oeuvres d’Armand Jalut et Maxime Rossi témoignent d’une approche poétique et ironique, interrogeant notre appréhension et notre perception d’un geste artistique.

Communiqué de presse
Armand Jalut et Maxime Rossi
Ummagumma

Pour leur première exposition dans un centre d’art, Armand Jalut et Maxime Rossi donnent le ton avec un titre, certes emprunté à l’un des albums des Pink Floyd, mais qui résonne aussi en lui-même comme une amusante onomatopée.

Au-delà des divergences de médiums, l’exposition « Ummaguma » révèle de très fortes connivences entre leurs oeuvres. Expérimentales et jubilatoires, toutes deux empreintes de liberté de faire et d’être, elles ressortissent d’une approche poétique et ironique qui nous interroge sur notre appréhension et notre perception d’un geste artistique.

Les peintures d’Armand Jalut attirent par leur qualité d’exécution autant qu’elles suscitent le dégoût et la répulsion. A la virtuosité de la réalisation, à une certaine volupté de la matière, répond la trivialité des sujets : ici, un canapé éventré, là, une peau de banane ou un plat de tomates farcies, plus loin, une charmante tête blonde façon Poulbot.

L’indétermination, l’organicité des matières, l’hypertrophie des motifs, tout comme les angles de vues adoptés, confèrent à l’ensemble un caractère parfois indéfinissable, souvent inquiétant, voire sexué ou réellement monstrueux.

La peinture est pour Armand Jalut un médium qui, par la figure et la composition, autorise les développements de l’imaginaire dans sa relation au spectateur. Dans un rapport direct et frontal, ses oeuvres laissent ce dernier dans le doute quant au sens et à la finalité d’un tel travail, pour ensuite le placer face à ses fantasmes archaïques et à ses propres résurgences.

Quelle attitude alors adopter face à des oeuvres qui évoquent l’obscène banalité, l’organique, le monstrueux et la culture vernaculaire ? Armand Jalut ne tranche pas. A l’instar d’un Picabia, son entreprise, non sans dérision et au risque de se compromettre, sape l’uniformisation des goûts et des couleurs.

A contrario du travail d’Armand Jalut, circonscriptible à la pratique exclusive de la peinture et du dessin, celui de Maxime Rossi est pour sa part protéiforme. Pour autant, il trouve sa cohérence et sa logique dans la multiplication d’expériences plastiques qui ne semblent avoir d’autres finalités qu’elles-mêmes et qui procèdent généralement de techniques pour le moins rudimentaires et improbables.

Ses oeuvres fonctionnent par associations d’idées, par glissements formels, par déplacements sémantiques, avec un art consommé du calembour, un humour indéniable et une certaine poésie.

Enfin, elles se révèlent souvent sous des formes fragiles et précaires non dénuées d’une certaine plasticité, à l’exemple des « Unes» des Daily Mirror, percées d’une bulle (sorte de phylactère en creux) et recouvertes d’une couleur or ou argent, exception faite du nom du tabloïd et d’un fragment du titre, Young lady (geri). Glissement, quant à elle, consiste en un dripping animalier. Des escargots, élevés en liberté dans l’atelier, ont laissé sur une planche de bois, l’empreinte baveuse de leurs déambulations.

Une fois morts, et selon le principe du camouflage ou du trompe-l’oeil, Maxime Rossi a placé leurs coquilles vides sur les noeuds du bois.

Cette exposition est pour Armand Jalut et Maxime Rossi l’occasion de présenter de nouvelles pièces et d’entreprendre un travail en duo. Elle est pour nous l’opportunité d’un questionnement sur l’inaliénabilité du travail de l’artiste comme garantie de liberté d’être, de penser et d’agir.

Vernissage

Mardi 5 mai de 18h à 21h.

Evénement
Rencontre avec les artistes mercredi 27 mai à 19:30