DANSE | SPECTACLE

Turning_Motion Sickness Version

18 Déc - 21 Déc 2019
Vernissage le 18 Déc 2019

Tourner en rond ou sur soi-même : voilà un mouvement au cœur de la danse comme au cœur de l'univers. Le chorégraphe Alessandro Sciarroni pousse le tournoiement à l'extrême dans son spectacle Turning_Motion Sickness Version jusqu'à donner un sentiment physique, voire existentiel, de tournis.

Le travail du chorégraphe italien Alessandro Sciarroni porte depuis plusieurs années sur le tournoiement. Son projet s’intitule Turning, mot qui renvoie en anglais à la fois à l’acte de tourner ainsi qu’à celui de changer. Il se décline en plusieurs spectacles, à l’instar de son solo Don’t Be Frightened of Turning the Page (2017), qui jouait sur le jeu de mot « tourner la page » pour signifier la nécessité d’aller de l’avant. En collaboration avec le ballet de l’Opéra de Lyon, il a créé en 2016 le spectacle Turning Motion Sickness Version – littéralement, la version « tournis ».

Tournoyer comme une toupie dans Turning Motion Sickness Version

Pendant près de quarante minutes, onze danseurs tournent sans interruption sur une composition inédite du duo de musiciens Yes Sœurs. Au cours de cet exercice d’endurance impressionnant, s’enchaînent les mouvements hérités des ballerines comme des derviches, rappelant combien le pivotement est au cœur de la pratique de la danse. L’effort de maintien des interprètes se mêle de manière presque paradoxale à l’élan incontrôlable du tournoiement, qui leur donne l’apparence de toupies lancées sur la scène. Comme le titre Turning_Motion Sickness Version l’indique, cela en donne presque le tournis, aux danseurs comme aux spectateurs.

Turning Motion Sickness Version : d’une danse cosmique au tournis existentiel

Dans Turning_Motion Sickness Version, les danseurs renouent avec la dimension cosmique du tournoiement. Tout comme le système solaire, ils se trouvent collectivement pris dans l’élan d’une grande ronde ; tout comme la planète, ils tournoient sur l’axe de leur propre corps. Leurs mouvements giratoires renvoient également à celui des atomes. La circonvolution du corps humain se trouve ainsi à mi-chemin entre l’échelle macroscopique et microscopique, entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. L’Homme apparaît en harmonie avec l’univers qui l’entoure… ou peut-être, pour reprendre Pascal, « le silence éternel de ces espaces infinis » lui fait ressentir une sorte de tournis existentiel.