DESIGN | EXPO

Tu nais, tuning, tu meurs. 9ème Biennale Internationale de Design

12 Mar - 15 Juin 2015
Vernissage le 12 Mar 2015

Souvent marginalisé dans la culture du design et dans la production industrielle, le tuning n’en est pas moins l’expression d’une créativité appropriée par le grand public, particulièrement riche et foisonnante. Entre art, design et industrie automobile, le Musée d’art et d’industrie organise la première grande exposition en France sur le tuning et sur ceux qu’il a inspiré.

Safouane Ben Slama, Alain Bublex, Benedetto Bufalino, Simon Davidson, Konstantin Grcic, IXOOST, Maxime Lamarche, Olivier Peyricot…
Tu nais, tuning, tu meurs. 9ème Biennale Internationale de Design

«Le tuning est l’art de personnaliser son véhicule (vélo, moto, tracteur, automobile, camion). L’idée reste de fabriquer un véhicule unique, le sien. Le tuning se perpétue, sous d’autres noms, au moins depuis l’invention de la production d’automobiles en série». Eric Darras, sociologue, professeur à Sciences Po Toulouse.

Forme déclinante de la culture populaire, ouvrière et non savante, souvent jugée kitsch, inutile et vulgaire, le tuning demeure une pratique marginale, délaissée par la culture instituée. Il apparaît pourtant que le tuning interroge d’une manière déconcertante la relation à l’objet dans les sociétés postindustrielles: par-delà ses valeurs sociales et identitaires, on peut en effet considérer le tuning comme une pratique de création qui mobilise des catégories désolidarisées de la seule performance technique, proches des valeurs esthétiques consacrées par la culture légitime. Cette culture matérielle peut alors — toutes choses égales par ailleurs et à titre au moins d’hypothèse — être rapprochée des valeurs du design qu’elle réactive à nouveaux frais.

L’une des intentions de l’exposition Tu nais, tuning, tu meurs consiste à utiliser le tuning pour mettre à l’épreuve le design entendu comme discipline esthétiquement policée, culturellement bordée et inféodée à la commande réelle ou supposée des marchés. À la lumière du tuning considérée comme une pratique sauvage, à la fois captive et libérée du consumérisme officiel, il s’agit ici de reconsidérer la question du beau dans la création en général, en interrogeant le standard, l’appropriation, l’hybridation, la citation, le rapport à la surface, au motif, etc. et de mesurer certaines impasses de la culture matérielle.

Entre design et art contemporain, et par le recours à l’objet «tuné», à la vidéo, à l’installation, au son, à la photographie, au graphisme, à la création numérique, l’exposition « Tu nais, tuning, tu meurs » montre le tuning ou les tunings (dans leur acception la plus généreuse) en les interrogeant comme des formes vivantes de la culture matérielle contemporaine.

Un espace de l’exposition («L’Atelier») sera dédié à la pratique du tuning.

Commissariat d’exposition
Marc Monjou et Rodolphe Dogniaux